‹ Chefs-d'œuvre de ShakespeareChapitre 78 sur 238 · ACTE IV, SCENE Ii;i. lîl · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCENE Ii;i. lîl

MALCOLM

Un des nôtres, je pense.

Le reconnaissez-vous?

MACDUFF

A sa jeune élégance, Sans peine. Cher cousin, soyez le bienvenu.

MALCOLM

En des temps plus heureux, je dois Tavoir connu.

ROSSE

Votre Altesse a raison.

MACDUFF

De notre Ecosse aimée Que venez-vous nous dire ?

BOSSE

Hélas ! terre opprimée !

Qui la reconnaîtrait sous ses voiles de deuil ? Elle était notre mère : elle est notre cercueil ! Il n'est plus de repos, il n'est plus de sourire Pour ce triste pays que la fureur déchire.

Le désespoir partout règne lugubrement.

Mais la douleur n'arrache aucun gémissement : Superflus sont les pleurs , inutile la plainte ; De la cloche des morts le glas funèbre tinte Sans même qu'on demande à savoir qui s'en va ! Affreux sort que jamais nul peuple n^ éprouva, La fleur à notre toque est moins vite flétrie Que des hommes de bien ne se fauche la vie.

iSS MACBETH.

MACDUFF

Oh ! récits désastreux , frappants de vérité !

MALGOLM.

Quels sont les derniers coups de la férocité Du tyran?

BOSSE

Quand chaque heure enfante un nouveau crime , Mieux vaut ne pas sonder Thorreur d'un tel abîme.

MACDUFF, brusqaement.

£t ma femme?...

BOSSE y ETCC hësiution.

Elle est bien.

MACDUFF

Mes enfants ?

BOSSE

Bien aussi.

MACDUFF

Le monstre à leur égard s' est-il donc radouci?

BOSSE, gravement.

Quand je les ai quittés leur paix était profonde.

MACDUFF, alarmé.

Parlez plus clairement : le cœur veut qu on réponde Alors qu'il peut tout craindre.

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