SCÈNE V
Une cour intérieure du château de Dunsinane.
Entrent MACBETH, revêtu de son armure, SEYTON,
OFFICIERS et SOLDATS.
MACBETH, se retournant fièrement vert les siens.
Aux murs extérieurs arborez ma bannière!
« Ils viennent ! n C'est le cri de votre peur grossière. Et quand ils seraient là , cernant de toutes parts Ce donjon orgueilleux? Du haut de mes remparts Je me ris de leurs coups! J'attends que la famine
144 MACBETH
Les ronge, et que la peste ou la fièvre les mine. Ah ! s'ils n'avaient pour eux tous ces thanes félons , Je dirais : Coui*ons sus, traquons et flagellons Ces bravaches d'Anglais du plat de notre lame !
Des lamenlationt de femmes éclalent à rintérieur da château.
Quel est ce bruit?
SEYTON
Seigneur! ce sont des cris de femme.
Seyton, sur un gesie de Macbeth, pénètre dans les appartements.
MACBETH, rêveur.
La crainte désormais est sans effet sur moi : Il fut un temps naguère où tout m'était effroi, Où je sentais mon sang se glacer d'épouvante Et mes cheveux soudain, en masse frissonnante, Se dresser sur mon front, quand au sein de la nuit Mon oreille aux aguets recueillait quelque bruit ; Mais l'horrible a pour moi dépassé la mesure ; La terreur a trop fait de mes sens sa pâture : Je ne sais plus trembler!...
A Seyton, qui rentre.
La cause de ces cris?
SEYTON, d'un ton solennel.
La reine est morte !
MACBETH, avec un cri.
Morte?
Après un instant de stupeur.
Ah! pourquoi l'ai-je appris?