ACTE V, SCÈNE VU
LE JEUNE SIWARD, plein d*audace et de méprit.
Non ! mensonge ! Non ! ce fer Va prouver que tu mens , et te rendre à l'enfer !
Ils «'atuqueai avec rage. Le jeune Siward est laé.
MACBETH, à qui cette victoire facile a rendu toute sa foi dans les prédictions des sorcières.
Que pouvait cet enfant, étant né d'une femme t Inoffensive est Farme et sans tranchant la lame Que brandira la main de Thomme contre moi !
Il sort, tête hante, et l'épée menaçante; Macduff parait au même moment du côté opposé. Il est armé de son épée, et son regard cherche anxieusement de tous cdtés.
MACDUFF
En quel obscur recoin cache-t-il son effroi?
Tyran! montre ta face... Oh! si Tinfâme tombe Sans périr de ma main^ je sens trop qu'en leur tombe Ma femme et mes enfants n'auront point de repos ! De ces Kernes fuyards qui nous tournent le dos, A quoi bon décimer la horde mercenaire ?
Ton sang, Macbeth, ton sang peut seul me satisfaire ; Ou bien, que cette épée, inutile en ma main.
Retourne en son fourreau , vierge de sang humain !
On entend gronder les bruits de la bataille.
Mais qu entends-je? Des cris? de croissantes alarmes? C'est là qu'il doit combattre... A ce cliquetis d'armes Je sens l'effort suprême... Dieu vengeur! mets-nous Tous les deux face à face et sois juge des coups !
Il sort dans la direction du bruit. Entrent Siward et Malcolm. Us viennent de
directions opposées.
150 MACBETH
LE VIEUX SIWABD, joyeux.
Accourez , Monseigneur. Notre victoire avance. Dunsinane est à nous presque sans résistance : Les soldats du tyran ont fui de tous côtés.
Vos thanes se sont, prince, en vrais preux comportés. Quel feu vous animait en marchant à leur tête ! L'usurpateur comprend que sa perte est complète.
MALGOLM.
Des jours que j'ai vécu ce jour est le plus beau.
LE VIEUX SIWARD
En vainqueurs maintenant entrons dans le château.
Ils sortcnl.
Rentre Macbeth, chaiicelaDt, son armure bossuëe. Il lient son cpce sanglante à la main. Le désespoir est peint sur ses traits. 11 appuie sur terre le pommeau de son épée, et va comme pour s'en percer le sein. Puis redressant la téie avec rage.
MACBETH
Quoi ! me frapper moi-même ! . . . Ah ! la rare équipée ,
De finir en Romain qui meurt sur son épée.
Non ! le sang des Anglais est plus doux pour ce fer ! . . .
Au moment où il va de nouveau s*élancer au combat , MacdufF parait devant lui.
MACDUFF, avec un cri de triomphe.
C'est lui!... Défends-toi, chien échappé de l'enfer!
MACBETH, reculant , frappe d'ë|iou vante.
Je voulais t'éviter... Va-t'en ! Sors de ma vue! Du sang des tiens mon âme est déjà trop repue...
MACDUFF
Exécrable bourreau! Moi, je réponds : merci