‹ Chefs-d'œuvre de ShakespeareChapitre 96 sur 238 · ACTE V, SCÈNE VIL · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE VIL

Au destiu qui nous met front contre front ici.

MACBETH, avec dédain.

Tu pourrais balafrer plutôt l'air impalpable Que toucher à mon corps. Je suis invulnérable! Ma vie est sous un charme ! A nul il n'est donné De la pouvoir trancher, qui d'une femme est né !

MACDUFF

Ton charme n'est que leurre, et ton espoir, chimère! Apprends qu'avant le terme et du sein de ma mère Qui n'était qu'un cadavre , on m'arracha vivant!'

MACBETH, aiierrc.

Je n'avais plus que lui, cet espoir décevant... Maudit sois-tu qui viens par un mot le détruire ! Oh ! ces démons trompeurs , acharnés à me nuire ! Tout se dévoile enfin ; leurs mots à double sens Précipitaient ma perte en abusant mes sens...

Abaissant son cpcc devant Macduff.

Je ne me battrai pas avec toi !

MACDUFF

Rends-toi , lâche !

Et pour ton châtiment viens donc que je t'attache Gomme une bête fauve à quelque vil poteau.

Où le peuple lira, peint sur un écriteau :

« C'est ici le tyran ! »

MACBETH, relevant son êpée avec rajc.

Me rendre , moi ! me rendre !

Quoi ! pour baiser les pieds de Malcolm? Pour entendre

152 MACBETH

Tout un peuple ameuté hurler ses aboiments ?

Tu railles!... Que Birnam grimpe aux escarpements

De Dunsinane, ou bien qu'un horrible prodige

T'ait vu naître, qu'importe, oui, qu'importe, te dis-je!

Je te crache au visage et je me ris du sort !

Ce glaive est le rempart que j'oppose à la mort!

Allons, frappe, Macduff ! Il faut venger la race,

Et damné soit celui qui des deux crira : Grâce !

Il< s'aitaquent avec fureur, et disparaisseot en combattant dans les coulisses. Entrent, au son d'une musique guerrière, Malcolm, le vieux Siward, Rosse, Lcnox, Angus, Caiihness, Menteth, officiers, soldats, etc. Le corps du jeune Siward est resté étendu dans un coin de la tc.hic.

MALCOLM, tristement.

De chers amis, hélas! manquent autour de moi.

LE VIEUX SIWARD

De la guerre c'est là l'inexorable loi.

Pour le grand but atteint nos pertes sont légères.

MALCOLM

Puis-je ne pas songer à deux têtes si chères , Votre fils et Macduff!

Rosse s'est approché du cadavre du jeune Siward , et l'a reconnu. BOSSE, avec un cri.

Grand Dieu !

Douloureusemeul au vieux Siward.

Ce fils, inylord ',

' Au début de la scène (la VII* de l'acte), le jeune Siward tombe sur le théâtre, frappé mortellement par Macbeth. Aucune indication de scène ne porte que son corps soit enlevé : cependant, à cette inten*o-

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