‹ Chefs-d'œuvre de Thomas Corneille: précédés de son éloge historiqueChapitre 108 sur 224 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

ELISABETH, LA DUCHESSE

ELISABETH

Venez , venez , duchesse, et plaignez jnes ennuis. Je cherche à pardonuer, je le veux, je le puis. Et je tremble toujours qu^un obstiné coupable Lui-même contre moi ne soit inexorable.

Ciel, qui me fis un cœur et si noble et si grand , Ne le devois-tu pas former indifférent?

Falloit-il qu'un ingrat, aussi fier que sa reine , Me donnant tant d*amour, fût digne de ma haine? Ou, si tu résolvois de m'en laisser trahir.

Pourquoi ne m'as-tu pas permis de le haïr?

Si ce funeste arrêt n'ébranle point le comte, Je ne puis éviter ou ma perte ou ma honte:

Je péris par sa mort; et, le voulant sauver, Le lâche impunément aura su me braver.

Que je suis malheureuse !

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