‹ Chefs-d'œuvre de Thomas Corneille: précédés de son éloge historiqueChapitre 113 sur 224 · ACTE IV, SCÈNE I. i · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE I. i

Mais daignez Tadoucir, et sa colère est vaine. Pour trop croire un orgueil dont Téclat lui déplaît, crest Tous-même, c'est vous, qui donnez votre arrêt. Par vous, dit-on , l'Irlande à l'attentat s'anime: Que le crime soit faux , il est connu pour crime; Et quand pour vous sauver elle vous tend les bras , Sa gloire veut au moins que vous fassiez un pas. Que vous...

LE COMTE d'eS.8EX.

Ah ! s'il est vrai qu'elle songe à sa gloire, Pour garantir son nom d'une tache trop noire Il est d'autres moyens où l'équité consent.

Que de se relâcher à perdre un innocent.

On ose m'accuser : que sa colère accable Des témoins subornés qui me rendent coupable. Cécile les entend , et les a suscités; Raleigh leur a fourni toutes leurs faussetés. Que Raleigh, que Cécile, et ceux qui leur ressemblent. Ces infâmes sous qui tous les gens de bien tremblent. Par la main d'un bourreau, comme ils l'ont mérité. Lavent dans leur vil sang leur infidélité:

Alors, en répandant ce sang vraiment coupable, La reine aura fait l'endre un arrêt équitable ; Alors de sa rigueur le foudroyant éclat , Affermissant sa gloire, aura sauvé l'état.

i66 LE COMTE D'ESSEX.

Mais sur moi, qui maintiens la grandeur souveraine , Du crime des méchants faire tomber la peine ! Souffrir que contre moi des écrits contrefaits... Non, la postérité ne le croira jamais.

Jamais on ne pourra se mettre eu la pensée Que de ce qu'on me doit la mémoire effacée Ait laissé Tiroposture en pouvoir d*accabler... Mais la reiue le voit, et le voit sans trembler : Le péril de Tétat n'a rien qui Tinquiète.

Je dois être content, puisqu'elle est satis&ite; Et ne point m'ébranler d'un indigne trépas Qui lui coûte sa gloire et ne l'étonné pas.

TXLNST.

Et ne rétonne pas ! Elle s'en désespère , Blâme vôtre rigueur, condamne sa colère.

Pour rendre à son esprit le calme qu'elle attend. Un mot à prononcer vous coûteroit-il tant ?

LE COMTE d'eSSEX.

Je crois que de ma mort le coup lui sera rude , Qu'elle s'accusera d'un peu d'ingratitude :

Je n'ai pas, on le sait, mérité mes malheurs. Mais le temps adoucit les plus vives douleurs : De ses tristes remords si ma perte est suivie, Elle souffriroit plus à me laisser la vie.

Foible à vaincre ce cœur qui lui devient suspect.

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