‹ Chefs-d'œuvre de Thomas Corneille: précédés de son éloge historiqueChapitre 117 sur 224 · ACTE IV, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE III

Ce fier comte d'Essex, dont la haute fortune Attirait de flatteurs une foule importune, Qui vit de son bonheur tout Tunivers jaloux , Abattu , condamné, le reconnoissez-vous ?

Des lâches, des méchants victime infortunée, J'ai bien en un moment changé de destinée !

Tout passe: et qui m*eût dit, après ce qu'on m'a vu. Que je l'eusse éprouvé, je ne l'aurais pas cru.

SALSBITRY.

Quoique vous éprauviez que tout change , tout passe , Rien ne change pour vous si vous vous faites grâce. Je viens de voir la reine; et ce qu'elle m'a dit Montre assez que pour vous l'amour toujours agit : Votre seule fierté, qu'elle voudrait abattre, S'oppose à ses bontés, s'obstine à les combattre. Contraignez-vous ; un mot qui marque un cœur soumis Vous va mettre au-dessus de tous vos ennemis.

LS COMTE d'bSSBX.

Quoi ! quand leur imposture indignement m'accable, Pour les justifier je me rendrai coupable ?

Et , par mon lâche aveu, l'univers étonné Apprendra qu'ils m'auront justement condamné?

SALSBURT.

En lui parlant pour vous, j'ai peint votre innocence; Mais enfin elle cherche une aide a sa clémence.

C'est votre reine; et quand , pour fléchir sob courroux , Elle ne veut qu'un mot, le refuserez-vous ?

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