‹ Chefs-d'œuvre de Thomas Corneille: précédés de son éloge historiqueChapitre 12 sur 224 · TB£S£S · texte numérisé non relu

TB£S£S

Sa passion est forte, et ne m'est pas nouvelle ; Je la sus dès Tinstaut qu'il s'en laissa charmer: Mais ce n'est pas un mal qui me doive alarmer.

PIRITHOUS.

U est vrai qu'Ariane auroit lieu de se plaindra , Si, chéri sans réserve, elle vous voyoit craindre. Je viens de lui parler, et je ne vis jamais Pour un illustre amant de plus ardents souhaits. C'est un amour pour vous si fort, si pur, si tendre. Que, quoi que pour vous plaire il fallût entreprendre, Son cœur, de cette gloire uniquement charmé...

THÉSÉE

Hélas ! et que ne pnis-je en être moins aimé !

Je ne me verrois pas dans Tétat déplorable

Où me réduit saus cesse iiu amour qui m'accable,

Un amour qui ne montre à mes sens désolés...

Lepuis-jedire?

PIRITUOUS.

O dieux ! Est-ce vous qui parlez ?

Ariane en beauté par-tout si renommée, Aimant avec excès, ne seroit point aimée!

Vous seriez insensible à de si doux appas !

THÉSÉE

Ils ont de quoi toucher, je ne Tignore pas.

Ma raison, qui toujours s^intéresse pour elle, Me ditqu*elleestaimable,etmesyeux qu'elle est belle. L'amour sur Ifeur rapport tâche de m'ébranler : Mais, quand le cœur se tait, Tamour a beau parler; Pour engager ce cœur ses amorces sont vaines. S'il ne court de lui-même au-devant de ses chaînes. Et ne confond d'abord, par ses doux embarras, Tous les raisonnements d'aimer ou n'aimer pas.

PIllITHOUS.

Mais vous souvenez-vous que, pour sauver Thésée, La fidèle Ariane à tout s'est exposée ?

Par là du labyrinthe heureusement tiré...

THÉSÉE

Il est vrai; tout sans elle étoit désespéré.

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