ACTE V, SCÈNE I. i8i
Et que, si l'impostnre a pu se faire croire, Il aime mieux périr que de trahir sa gloire.
■ I.ISABKTH.
Aux dépens de la mienne, ii veut, le lâche, il veut Montrer que sur sa reine il coonoit ce qu'il peut. De cent crimes nouveaux fût sa fierté suivie, Il sait que mon amour prendra soin de sa vie. Pour vaincre son orgueil prompte à tout employer, Jusque sur Téchafaud je voolois l'envoyer, Pour dernière espérance essayer ce remède :
Mais la honte est trop forte; il vaut mieux que je cède, Que sur moi, sur ma gloire, un changement si prompt D'un arrêt mal donné fasse tomber Taffront.
Cependant, quand pour lui j'agis contre moi-même , Pour qui le conserver? pour la duchesse? il Taime.
TILHEY.
La duchesse?
ELISABETH
Oui; Saffolk fut un nom emprunté Pour cacher un amour qui n'a point éclaté.
La duchesse Taima, mais sans m'être infidèle ; Son hymen l'a fait voir : je ne me plains point d'elle. Ce fut pour l'empêcher que, courant au palais, Jusqoes à la révolte il poussa ses projets.
Quoique l'emportement ne fût pas légitime.
i8a LE COMTE D'ESSEX.
L'ardeur de s'élever n'eut point de part au crime ,
Et rirlandois par lui, dit-on, favorisé
L'a pu rendre suspect d'un accord supposé.
Il a des ennemis, Timposture a ses ruses ;
Et queJquefois Tenvie... Ah ! foible, tu l'excuses !
Quand aucun attentat n'aurait noirci sa foi,
Qu'il seroit innocent, peut-il l'être pour toi?
N'est-il pas, n'est-il pas ce sujet téméraire
Qui, faisant son malheur d'avoir trop su te plaire.
S'obstine à préférer une honteuse fin
Aux honneurs dont ta flamme eût comblé son destin ?
C'en est trop ; puisqu'il aime à périr, qu'il périsse. .