‹ Chefs-d'œuvre de Thomas Corneille: précédés de son éloge historiqueChapitre 128 sur 224 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

ELISABETH, LA DUCHESSE

ÉltlSABETH.

Enfin, superbe reine, Son invincible orgueil te réduit à céder !

Sans qu'û demande rien , tu veux tout accorder ! U vivra , sans qu'il doive à la moindre prière Ces jours qu'il n'emploiera qu'à te rendre moins fière, Qu'à te faire mieux voir l'indigne abaissement Où te porte un amour qu'il brave impunément ! Tu n'es plus cette reine autrefois grande , auguste : Ton cœur s'est fait esclave ; obéis, il est juste. Cessez de soupirer, duchesse, je me rends.

Mes bontés de ses jours vous sont de sûrs garants. . C'est fait, jeiui pardonne.

LA DUCHESSE

Ah! que je crains, madame , Que son malheur trop tard n'ait attendri votre ame !

i84 LE COMTE D'ESSEX.

Une secrète horreur me le fait pressentir.

J'étois dans la prison, d'où je Tai tu sortir; La douleur, qui des sens m'avoit ôté Tusage, M'a du temps près de vous fait perdre Tavantage ; Et ne qui doit sur- tout augmenter mou souci, J'ai rencontré Coban à quelques pas d'ici.

De votre cabinet, quand je me suis montrée, Il a presque voulu me défendre l'entrée.

Sans doute il n'étoit là qu'afin de détourner Les avis qu'il a craint qu'on ne vous vint donner^ Il hait le comte , et prête au parti qui l'accable Contre ce malheureux un secours redoutable.

On vous aura surprise; et telle est de mon sort.^

KLISABKTH.

Ah ! SI ses ennemis a voient hâté sa mort.

Il n'ett ressentiment, ni vengeance assez prompte

Qui me pût..

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