ACTE I, SCÈNE III. am
N'étoit pour tous les deux qu*un crime déguisé ;
Et que je ne pouvois en éviter les peines,
Qu'en tâchant de vous rendre à vos premières chaiues.
N'en doutez point: voilà, quoique avec mille ennuis,
Et pourquoi je m'éloigne, et pourquoi je vous fuis :
Par un frivole amour voudriez-vous, madame,
Combattre les remords qui déchirent mon ame ;
Et qu'en vous retenant j'attirasse sur nous
Du ciel toujours vengeur l'implacable courroux ?
ELVIRK.
Ah ! scélérat ! ton cœur, aussi lâche que traître,
Commence tout entier à se faire connoitre ;
Et ce qui me confond dans tout ce que j'entends.
Je le oonuois enfin, lorsqu'il n'en est plus temps.
Mais sache, à nie tromper quand ce cœur s'étudie.
Que ta perte suivra ta noire perfidie ;
Et que ce même ciel, dont tu t'oses railler,
A me venger de toi voudra bien travailler.
SGANARELLE, bas.
Se peut-il qu*il résiste, et que rien ne 1 étonne.^
( haat. ) Monsieur...
DOH JUAir.
De fausseté je vois qu'on me soupçonne; Mais, madame...
aaa LE FESTIN DE PIERRE.
ELTiax.
Il suffit, je t'ai trop éooaté ; En ouir davantage est une lâcheté:
Et , quoi qu on ait à dire, il faut qu'on se surmonte,, Pour ne se faire pas trop expliquer sa honte. Ne te figure point qu*en reproches en Tair Mon courroux contre toi veuille ici s'exhaler; Tout ce qu'il.peut avoir d'ardeur, de violence, Se réserve à mieux faire éclater ma vengeance. Je te le dis eucor, le ciel armé pour moi Punira tôt ou tard ton manquement de foi ; Et si tu ne crains point m justice blessée, Crains du moins la fureur d'une femme offensée.