‹ Chefs-d'œuvre de Thomas Corneille: précédés de son éloge historiqueChapitre 147 sur 224 · ACTE I, SCÈNE III. am · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE III. am

N'étoit pour tous les deux qu*un crime déguisé ;

Et que je ne pouvois en éviter les peines,

Qu'en tâchant de vous rendre à vos premières chaiues.

N'en doutez point: voilà, quoique avec mille ennuis,

Et pourquoi je m'éloigne, et pourquoi je vous fuis :

Par un frivole amour voudriez-vous, madame,

Combattre les remords qui déchirent mon ame ;

Et qu'en vous retenant j'attirasse sur nous

Du ciel toujours vengeur l'implacable courroux ?

ELVIRK.

Ah ! scélérat ! ton cœur, aussi lâche que traître,

Commence tout entier à se faire connoitre ;

Et ce qui me confond dans tout ce que j'entends.

Je le oonuois enfin, lorsqu'il n'en est plus temps.

Mais sache, à nie tromper quand ce cœur s'étudie.

Que ta perte suivra ta noire perfidie ;

Et que ce même ciel, dont tu t'oses railler,

A me venger de toi voudra bien travailler.

SGANARELLE, bas.

Se peut-il qu*il résiste, et que rien ne 1 étonne.^

( haat. ) Monsieur...

DOH JUAir.

De fausseté je vois qu'on me soupçonne; Mais, madame...

aaa LE FESTIN DE PIERRE.

ELTiax.

Il suffit, je t'ai trop éooaté ; En ouir davantage est une lâcheté:

Et , quoi qu on ait à dire, il faut qu'on se surmonte,, Pour ne se faire pas trop expliquer sa honte. Ne te figure point qu*en reproches en Tair Mon courroux contre toi veuille ici s'exhaler; Tout ce qu'il.peut avoir d'ardeur, de violence, Se réserve à mieux faire éclater ma vengeance. Je te le dis eucor, le ciel armé pour moi Punira tôt ou tard ton manquement de foi ; Et si tu ne crains point m justice blessée, Crains du moins la fureur d'une femme offensée.

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