ACTE II, SCÈNE I. aa
Tous deux de se nayer eussiont fait U sottise.
C*est donc IVent d'à matin...
PIERROT
Aga, quien , sans feintise , Je te vas tout fin drait conter par le menu Comme, en n'y pensant pas, le hasard est venu. Us aviont bian besoin d'un ceil comme le nôtre. Qui les vit de tout k)in ; car c'est moi , comm's'âit
l'autre.
Qui les ai le premier avisés. Tanquia don, Sur le bord de la mar bian leu prend que j'équiou , Où de tarre Gros- Jean me jetoit une motte.
Tout en batifolant; car, comm'tu sais, Charlotte , Pour v'nir batifoler, Gros- Jean ne charche qu*où ; Et moi , par fouas aussi, je batifole itou.
En batifolant don, j'ai fait l'apercevance D'un grouillement su gliau, sans voir la différence De c'qui pouvoit grouiller: ça grouilloit à tous coups. Et, grouillant par secousse, alloit comme envars nous. J'étas embarrassé; c' n'étoit point stratagème. Et tout coram' je te vois, je voyas ça de même. Aussi fixiblement; et pis tout d'un coup, quien. Je voyas qu'après ça je ne voyas plus rien.
Hé! Gros-Jean, c'ai-je fait, stanpendant qne je sommes
iiG LE FESTIN DE PIERRE.
A niaiser parmi oous, je pens'que vlà de zomme» Qui nagiant tout là-bas. Bon, c'm'a-t-i fait, vrament, T'auras de quenque chat vu le trépassement; T'as la Teu'trouble. Oh bian! c'ai-je fai t, t*as biau dire, Je n'ai point la veu'trouble, et c'n'est point jeu pour
rire.
C'est là de zorames. Point, c^m'a-t-i £iit, c'n'en est pas, Piarrot, t'as la barlue. Oh ! j'ai c'qne tu voudras, C'ai-je fait; mais gageons que j'n'ai point la barlue, Et qu'ça qu'en voit là-bas, c'ai-je fait, qui remue, Cest de zommes, vois-tu, qui nageont vars ici. Gag' que non, c'm'a-t-i fait. Oh ! margué , gag'que si. Dix sous.Oh! c'm'a-t-i fiait, jele veux biau, marguienne; Qnien, mets argent su jeu, vlà le mien. Palsanguiennp, Je n'ai fait là-dessus l'étourdi, ni le fou , J'ai bravement bouté par tarre mé dix sou , Quajtre pièce tapée , et le restant eu double : Jamigué, je varron si j'avon la veu' trouble, C'ai-je fait, les boutant... plus hardiment enfin Que si j'eusse avalé queuque varre de vin ; Car j' sis hasardeux, moi : qu'en me mette en boutade, Je vas, sans tant déraisons, tout à la débandade. Je savas biau pourtant c'que j'faisas d'en par là. Queuque gniais ! Enfin don, j'non pas putôt mis, vlà Que j'voyons tout à plain com'deu zomme à la nage