‹ Chefs-d'œuvre de Thomas Corneille: précédés de son éloge historiqueChapitre 152 sur 224 · ACTE II,. SCÈNE I. a3i · texte numérisé non relu

ACTE II,. SCÈNE I. a3i

Que sr j Vavion point fait Dp zaocordaille ; et si JVai rien à me r'procber là-dessus, Dieu marai. Das qu*i passe un marcier, tout aussitôt jU'ajette Lé pu jolis lacets qui soient dans sa banette. Pour t'aller dénicher dé marie, j*ne sai zoù , Tou les jours je m'azarde à me rompre le cou. Je fais jouer pour toi lé vieiUeu zà ta fête , Et tout ça, contre un mur c^est me cogné la tête : J'd^ gagne rien. Vois-tu ? ça n*est ni biau ni bon , De n* vouloir pas aimer les gens qui nou zaimon.

CHARLOTTE

Mon guieu, je t'aime aussi ; dequoi te mettre en peine ?

PIERROT

Oui , tu m'aimes , mais c'est d'une belle déguaine.

CHARLOTTE

Qu'es don qu' tu veux qu'en fasse.

PIERROT

Oh ! je veux que tout haut L'eu fasse ce qu'en fiiit pour aimer comme i faut.

CHARLOTTE

J't'aime aussi comme i faut; pourquoi don qu'tu t'étonne ?

PIERROT

]Von, ça s'voit quand il est; et toujou zau pai'sonne,

a32 LE FESTIN DE PIERAE.

Quaud c est tout d*boii qu*oli aime , en leu fait en

passant Mil*p'tite singerie. Hé ! sis-je un innocent ? Margué, j'ne veux que voir oom*la grosse Thomasse Fait au jeune Robain ; aPn^tien januiis en place , Tant aF n*est assotée; et dès qu*al* Tvoit passer, Al' n^attend point qu'i vienne, al* s'en court l'agacer, Li jett' son chapiau bas , et toujou j sans reprodie , Li fait exprès queuqu'niche , ou baille une taloche : Et darrainment encor que su zun escabiau Il regardoit danser, al' s'en fut bian et biau Li tirer de dessous , et Finit à la renvarseé Jarni , vlà c'qu'c'est qu'aimer ; mais , margué , Feu

mebaroe, Quand dret comme un piquet j'voi qu' tu viens te

parcher.

Tu n'me dis jamab mot; et j*ai biau tenlincher, En glieu de m'fair'présent d'un'bonne égratignure. De m'bailler queuque coup , ou d'voir par aventure Si j'sis point chatouilleux , tu te grates les doigts ; Et t'es là toujou , comme un' vrai souche de bois. T'es trop fraide , vois-tu : ventregué ! ça me choque.

CHARLOTTE

C'est mon imeur, Piarrot ; que veux-tu ?

ACTK II, SCÈNE I. a33

PXKRROT*

Tu te moque.

Quand l'en aime les gens , l'eu eu baille loujou Queuq' petit' âgnifiaDoe.

CHA.RLOTT£.

oh ! cherche donc par où.

S'tu penses qu'à t'aimer queuque autre soit pu

prompte, Ya Taimer, j'te Tacoorde.

PISRAOT.

Hé bian, vlà pas mou compte.' Tatigué , sHu m'aimois , m'dirois-tu ça ?

CHARLOTTE

Pourquoi M'vieos-tu tarabuster toujou l'esprit?

PIERROT

Dis-moi, Queu mai tïais-je à vouloir que lu m'fasses paroitre Uu peu d'amiquié ?

CHARLOTTE

Va , ça m'viendra peut-être.

Ne me presse point tant , et laisse faire.

PIERROT

Hé bien ^ Touche don là , Charlotte , et d'bou cœur.

a34 LE FESTIN DE PIER&E.

CBARLOTTI.

Hébieu,quieu.

PIERaOT.

Promets qu' tu tâchera zà m*aimer davantage.

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