SCÈNE III
DoH JUAN, SGANARELLE, CHARLOTTE.
DOV JUAN
11 n'y faut plus penser, c'en est fait, Sganarelle ; La force entre mes bras alloit mettre la belle , Lorsque ce coup de vent , difficile à prévoir. Renversant notre barque, a trompé mon espoir. Si par là de mon feu Tespérance est frivole, L'aimable paysanne aisément m'en console; Et c'est une conquête assez pleine d'appas , Qui dans l'occasion ne m'échappera pas.
Déjà par cent douceurs j'ai jeté dans son ame Des dispositions à bien traiter ma flamme:
On se plait à m'enteudre , et je puis espérer Qu'ici je n'aurai pas long-temps à soupirer.
SGAlf ARKLLB.
Ah ! monsieur , je frémis à vous entendre dire. Quoi! des bras de la mort, quand le ciel nous retire. Au lieu de mériter, par quelque amendement, Les bontés qu'il répand sur nous incessamment ;
a36 LE FESTIN DE PIERRE.
Au lieu de renoncer aux folles amourettes , Qui déjà tant de fois... Paix , coquin que vous êtes : Monsieur sait ce qu'il ⁢ et vous ne savez , vous , Ce que vous dites.
DOZf JVJLJS.
Ah ! que vois-je auprès de nous ?
SGANARELLE
Qu*est-ce?
DON JUAXr.
Tourne les yeux« Sganarelle, et condamne La surprise où me met cette autre paysanne.
D'où sort-elle P Peut-on rien voir de plus charmant ? Celle-ci vaut bien Fautre, et mieux.
SGANAR£I.LE.
Assurément*
DOIT JCAlf.
Il faut que je lui parle.
SOAirAEfiLLE<
Autre pièce nouvelle.
SOZr JUAF.
L*agréable rencontreJ Et d'où me vient , la belle ,
L'inespéré bonheur de trouver en ces lieux,
Sous cet habit rustique, un chef-d'œuvre des cieux?
CHARLOTTE
Hé! monsieu....