‹ Chefs-d'œuvre de Thomas Corneille: précédés de son éloge historiqueChapitre 168 sur 224 · ACTE III, SCÈNE I. aSg · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE I. aSg

Où diable as-tu donc pris ce grotesque équipage ?

SGAZrARELLE.

Il vieut d'un médecin qui Tavoit mis en gage : Quoique vieux, j'ai donoé de Fargent pour Favoir. Mais, monsieur, savez-vous quel en est le pouvoir ? Il me fait saluer des gens que je rencontre.

Et passer pour docteur par-tout où je me montre: Ainsi qu'un habile homme on me vient consulter.

DON JUAN

Comment donc'

Mon savoir va bientôt éclater.

Déjà six paysans, autant de paysannes.

Accoutumés sans doute à parler à des ânes.

M'ont, sur différents maux, demandé mon avis.

DON JUAN

Et qu'as-tu répondu ?

SCANARELLE.

Moi?

DON JUAN

Tu t'es trouvé pris.

SGANARELLE

Pas trop. Sans m'étonner , de l'habit que je porte J'ai soutenu l'honneur, et raisonné de sorte Que, sur mon ordonnance, aucun d'eux n'a douté

r»6o LE FESTIN DE PIEKRE.

Qu'il n^eût entre les mains un trésor de santé.

DOK JHAK.

Et comment as-ta pu bâtir tes ordonnances ?

SOAKARELLB.

Ma foi 1 j'ai ramassé beaucoup d'impertinences. Mêlé casse, opium, rhubarbe, ei cœtera.

Tout par drachme; et le mal aille comme il pourra, Que m'importe ?

DON JUAN

Fort bien. Ce qge tu viens de dire Me réjouit.

SOAH ARBLLK.

Et si , pour vous faire mieux rire.

Par hasard (car enfin, quelquefois , que sait-on P), Mes malades venoient à guérir P

noir jUAxr.

Pourquoi non?

Les autres médecins, que les sages méprisent, Dupent-ils moins que toi dans tout ce qu'ils nous disent?

Et, pour quelques grands mots que nous n'entendons

pas.

Ont-ils aux guérisons plus de part que tu n'as ? Crois-moi, tu peux comme eux quoi qu'on s'en persuade ,

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