ACTE IV, SCÈNE XII. 'S
Oui , don Juan, je sais par quel amas de crimes Tos peiues, qu'il résout, lui semblent légitimes; Et je viens de sa part vous dire que pour vous Sa clémence a fait place à son juste courroux ; Que, las de vous attendre, il tient la foudre prêle , Qui , depuis si loug>temps, menace votre tète; Qu^il est encore en vous, par un prompt repentir. De trouver les moyens de vous eu garantir; Et que , pour éviter un malheur si funeste , Ce jour, ce jour peut-être est le seul qui vous reste.
SGAir ARELLE.
Monsieur !
BLVIRE.
Pour moi, qui sors de mon aveuglement.
Je n'ai plus pour la terre aucun attachement : Ma retraite est conclue; et c'est là que sans cesse Mes larmes tâcheront d'effacer ma foiblesse.
Heureuse si je puis, par son austérité. Obtenir le pardon de ma crédulité !
Mais dans cette retraite, où l'on meurt à soi-même,. J'aurois, je vous Tavoue , une douleur extrême. Qu'un homme à qui j*ai cru pouvoir innocemment De mes plus tendres vœux donner Tempressemeiit Devint, par un revers aux méchants redoutable, Des vengeances du ciel l'exemple épouvantable.
3i8 LE FESTIN DE PIERRE.
SGAXrARBLLB.
Monsieur, encore un coup...
EI.TXRE.
De grâce , aocordez-moi Ce f{ue doit mériter l'état où je rae toi:
Votre salut fait seul mes plus fortes alarmes : Ne le refusez point à mes vœux , à mes larmes ; Et, si votre intérêt ne vous saurmt toucher.
Au crime , en ma faveur, daignez vous arracher. Et m*épargner Tennui d'avoir pour vous a craindre Le courroux que jamais le ciel ne laisse éteindre.
SO Air iLR ELLE.
La pauvre femme!
ELVIRE
Enfin, si le faux nom d*époux ]Vl'a fait tout oublier pour vivre tout à vous ; Si je vous ai fBÛt voir la plus forte tendresse Qui jamais d'un cœur noble ait été la maîtresse, Tout le prix que j'en veux, c'est de vous voir songer Au bonheur que pour vous je tâche à ménager.
SGANARELLE
Cœur de tigre !
El. VI RE.
Voyez que tout est périssable.
Examinez la peine infaillible au coupable ;