ACTE II, SCÈNE VI
Tu le sais, tu Vas vu , j'ai tout fait pour Thésée ; Seule à son mauvais sort je me suis opposée : Et quand je me dois tout promettre de sa foi , Thésée a de l'amour pour une autre que moi !
Uoe autre passion dans son cœur a pu naître ! J*ai mal ouï, Nérine, et cela ne peut être.
Ce seroit trahir tout, raison, gloire, équité. Thésée a trop de cœur (K>ur taut de lâcheté, Pour croire qu'à ma mort son injustice aspire.
NÉRIITE.
Pirithoiis ne dit que ce qu'il lui fait dire : Et quand il a voulu l'attendre si long-temps, Ce n*étoit qu'un prétexte à ses feux inconstants ; n nourrissoit dès-lors l'ardeur qui le domine.
ARTAITE.
Ah ! que me fais-tu voir, trop cruelle Nérine ?
Sur le gouffire des maux qui me vont ahymer ,
Pourquoi m'ouvrir les yeux quand je les veux fermer ?
Hélas ! il est donc vrai que mon ame abusée
N'adoroit qu'un ingrat en adorant Thésée !
Dieux, contre un tel ennnr soutenez ma raison ;
Elle cède à l'horreur de cette trahison :
Je la sens qui déjà... Mais quand elle s'égare,
Pourquoi la regretter cette raison barbare ,
Qui ne peut plus servir qu a me foire mieux voir *
Le sujet de ma rage et de mon désespoir ?
Quoi ! Nérine, pour prix de l'amour le plus tendre.^