‹ Chefs-d'œuvre de Thomas Corneille: précédés de son éloge historiqueChapitre 35 sur 224 · ARIANE, PIRITHOUS, PHÈDRE, NÉRINE · texte numérisé non relu

ARIANE, PIRITHOUS, PHÈDRE, NÉRINE

ARIAKE.

Hé bien ! ma sœur, Thésée est-il inexorable?

N'avez- vous pu surprendre un soupir favorable ? Et quand au repentir on le porte à céder.

Croit- il que mon amour ose trop demander?

.PHIDKE.

Madame, j*ai tout feit pour ébranler son ame;

4« ARIANK.

J ai peint son cliangeinent lâche, odieux, infâme.

Pirithoiis lui-même est témoin des efforts

Par où j'ai cru pouvoir le contraindre au remords. *.

Il connoît et son crime et son ingratitude;

Il s'en hait ; il en sent la peine la plus rude ;

Ses ennuis de vos maux égalent la rigueur :

Mais Tamour en tyran dispose de son cœur;

Et le destin , plus fort que sa reconnoissance,

Malgré ce qu'il vous doit, Tentraine à Tinconstance.

Quelle excuse ! et pour moi qu*il rend peu de combat! Il hait l'ingratitude, et se plait d'éti« ingrat !

Puisqu'en sa durejé son lâche cœur demeure.

Ma sœur, il ne sait point qu*il faudra que j'en meure; Tous avez oublié de bien marquer Thorreur Du fatal désespoir qui règne dans mon cœur; Vous avez oublié, pour bien peindre ma rage.

D'assembler tous les maux dont on connoit l'image: Il y seroit sensible, et ne pourroit souffrir Que qui sauva ses jours îàt forcée à mourir.

PHiDRE.

Si vous saviez pour vous ce qu'a fait ma tendresse , Vous soupçonneriez moins...

J'ai tort, je le confesse;

Page 1