ARIANE, PIRITHOUS, PHÈDRE, NÉRINE
ARIAKE.
Hé bien ! ma sœur, Thésée est-il inexorable?
N'avez- vous pu surprendre un soupir favorable ? Et quand au repentir on le porte à céder.
Croit- il que mon amour ose trop demander?
.PHIDKE.
Madame, j*ai tout feit pour ébranler son ame;
4« ARIANK.
J ai peint son cliangeinent lâche, odieux, infâme.
Pirithoiis lui-même est témoin des efforts
Par où j'ai cru pouvoir le contraindre au remords. *.
Il connoît et son crime et son ingratitude;
Il s'en hait ; il en sent la peine la plus rude ;
Ses ennuis de vos maux égalent la rigueur :
Mais Tamour en tyran dispose de son cœur;
Et le destin , plus fort que sa reconnoissance,
Malgré ce qu'il vous doit, Tentraine à Tinconstance.
Quelle excuse ! et pour moi qu*il rend peu de combat! Il hait l'ingratitude, et se plait d'éti« ingrat !
Puisqu'en sa durejé son lâche cœur demeure.
Ma sœur, il ne sait point qu*il faudra que j'en meure; Tous avez oublié de bien marquer Thorreur Du fatal désespoir qui règne dans mon cœur; Vous avez oublié, pour bien peindre ma rage.
D'assembler tous les maux dont on connoit l'image: Il y seroit sensible, et ne pourroit souffrir Que qui sauva ses jours îàt forcée à mourir.
PHiDRE.
Si vous saviez pour vous ce qu'a fait ma tendresse , Vous soupçonneriez moins...
J'ai tort, je le confesse;