ACTE fil, SCÈNE IV
Pourquoi dans vos regards marquer tant de ooii«
trainte, Et m*aborder ainsi, quand rien ne yous confond, Le trouble dans les jeux , et la rougeur au front ? Un héroft tel que vous, à qui la gloire est chère. Quoi qu'il fasse , ne £ut que ce qu'il voit à faire; Et si ce qu'on m'a dit a quelque vérité.
Vous cessez de m'aimer, je l'aurai mérité.
Le changement est grand, mais il est légitime. Je le crois: seulement apprenez-moi mon crime, Et d'où vient qu'exposée à de si rudes coups Ariane n'est plus ce qu'elle fut pour vous.
THJtSKE.
Ah ! pourquoi le penser ? Elle est toujours la même ; Même zèle toujours suit mon respect extrême ; Et le temps dans mon cœur n'affoiblira jamais Le pressant souvenir de ses rares bienfaits : M'en acquitter vers elle est ma plus forte envie. Oui, madame, ordonnez de mon sang, de ma vie : Si la fin vous en plaît, le sort me sera doux Par q4ii j'obtiendrai l'heur de la perdre pour vous.
Si quand je vous connus la fin eût pu m'en plaire , Le destin la voukût, je l'aurois laissé faire. Par moi, par mon amour, le labyrinthe ouvert
Vous fit fuir le trépas à vos- regards ofifert :
Et quand à votre foi cet amour s'abandonne,
Des serments de respect sont le prix qu'on lui donne !
Par ce soin de vos jours qui m'a tout fait quitter,
N'aspirois-je à rien plus qu*à me voir respecter?
I3n service pareil veut un autre salaire.
C'est le cœur, le cœur seul , qui peut y satisfaire :
Il a seul pour mes vœux ce qui peut les borner;
C'est lui seul...
THÈSES
Je voudrois vous le pouvoir donner; Mais ce cœur malgré moi vit sous un autre empire : Je le sens à regret, je rougis à le dire; Et quand je plains vos feux par ma flamme déçus, Je hais mon injustice, et ne puis rien de plus.
▲ RXANS.
Tu ne peux rien de plus ! Qu'aurois-tu fait, parjure.
Si , quand tu vins du monstre éprouver l'aventure.
Abandonnant ta vie a ta seule valeur,
Je me fusse arrêtée à plaindre ton malheur?
Pour mériter ce cœur qui pouvoit seul me plaire.
Si j'ai peu £siit pour toi, que falloit-il plus fiiire?
Et que s*est-il offert que je pusse tenter.
Qu'en ta faveur ma flamme ait craint d'exécuter?
Pour te sauver le jour dont ta rigueur me prive ,