‹ Chefs-d'œuvre de Thomas Corneille: précédés de son éloge historiqueChapitre 39 sur 224 · ACTE fil, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE fil, SCÈNE IV

Pourquoi dans vos regards marquer tant de ooii«

trainte, Et m*aborder ainsi, quand rien ne yous confond, Le trouble dans les jeux , et la rougeur au front ? Un héroft tel que vous, à qui la gloire est chère. Quoi qu'il fasse , ne £ut que ce qu'il voit à faire; Et si ce qu'on m'a dit a quelque vérité.

Vous cessez de m'aimer, je l'aurai mérité.

Le changement est grand, mais il est légitime. Je le crois: seulement apprenez-moi mon crime, Et d'où vient qu'exposée à de si rudes coups Ariane n'est plus ce qu'elle fut pour vous.

THJtSKE.

Ah ! pourquoi le penser ? Elle est toujours la même ; Même zèle toujours suit mon respect extrême ; Et le temps dans mon cœur n'affoiblira jamais Le pressant souvenir de ses rares bienfaits : M'en acquitter vers elle est ma plus forte envie. Oui, madame, ordonnez de mon sang, de ma vie : Si la fin vous en plaît, le sort me sera doux Par q4ii j'obtiendrai l'heur de la perdre pour vous.

Si quand je vous connus la fin eût pu m'en plaire , Le destin la voukût, je l'aurois laissé faire. Par moi, par mon amour, le labyrinthe ouvert

Vous fit fuir le trépas à vos- regards ofifert :

Et quand à votre foi cet amour s'abandonne,

Des serments de respect sont le prix qu'on lui donne !

Par ce soin de vos jours qui m'a tout fait quitter,

N'aspirois-je à rien plus qu*à me voir respecter?

I3n service pareil veut un autre salaire.

C'est le cœur, le cœur seul , qui peut y satisfaire :

Il a seul pour mes vœux ce qui peut les borner;

C'est lui seul...

THÈSES

Je voudrois vous le pouvoir donner; Mais ce cœur malgré moi vit sous un autre empire : Je le sens à regret, je rougis à le dire; Et quand je plains vos feux par ma flamme déçus, Je hais mon injustice, et ne puis rien de plus.

▲ RXANS.

Tu ne peux rien de plus ! Qu'aurois-tu fait, parjure.

Si , quand tu vins du monstre éprouver l'aventure.

Abandonnant ta vie a ta seule valeur,

Je me fusse arrêtée à plaindre ton malheur?

Pour mériter ce cœur qui pouvoit seul me plaire.

Si j'ai peu £siit pour toi, que falloit-il plus fiiire?

Et que s*est-il offert que je pusse tenter.

Qu'en ta faveur ma flamme ait craint d'exécuter?

Pour te sauver le jour dont ta rigueur me prive ,

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