‹ Chefs-d'œuvre de Thomas Corneille: précédés de son éloge historiqueChapitre 42 sur 224 · ACTE m, SCÈNE IV. Sg · texte numérisé non relu

ACTE m, SCÈNE IV. Sg

Mais à sa violence il faut que ma foi cède.

Je TOUS Tai déjà dit» c-est nu mal sans remède.

▲ RIAITB.

Ah ! c'est trop; puisque rien ne te saurait toucher, Parjure, oublie un feu qui dut t'ètre si cher* Je ne demande plus que ta lâcheté cesse , Je rougis d'avoir pu m'en souffrir la bassesse : Tire-moi seulement d'un séjour odieux, Où tout me désespère, où tout blesse mes yeux; Et, pour faciliter ta coupable entreprise.

Remène-moi, barbare , aux lieux où tu m'as prise 2 La Crète, où pour toi seul je me suis &it haïr, Me plaira mieux que Naxe, où tu m'oses trahir*

THÉsil.

Tous remener en Crète ! Oubliez-vous, madame^ Ce qu'est pour vous un père» et quel courroux l'enflamme?

Songez-vous quels ennuis vous y sont apprêtés ?

A&IANX*

Laisse-les-moi souffrir, je les ai mérités;

Mais de ton faux amour les feintes concertées.

Tes noires trahisons, les ai-je méritées.'

Et ce qu'en ta faveur il m'a plu d'immoler

Te rend-il cette foi que tu veux violer?

Vaine et fausse pitié! quand ma mort peut te plaire,

6o ARIANE.

Tu crains pour moi les hmux que j'ai voulu me faire ,

Ces maux qu*ont tant hâtés mes plus tendres souhaits ;

Et tu ne trembles point de ceux que tu me fais !

N'espère pas pourtant éviter le supplice

Que toujours après soi iiit suivre Tinjastice.

Tu romps ce que Tamour forma de plus beaux nœuds;

Tu m*arraehes le cœur. J'en mourrai ; tu le veux :

Mais, quitte des ennuis on m'enchaîne la vie,

Crois déjà, crois me voir, de ma douleur suivie.

Dans le fond de ton ame armer, pour te punir,

Ce qu'a de plus funeste un fatal souvenir,

Et te dire d'un ton et d'un regard sévère :

« J'ai tout fait, tout osé pour t'aimer, pour te plaire;

« J'ai trahi mon pays, et mon père, et mon roi :

« Cependant vois le prix , ingrat, que j'en reçot. »

THKSSB.

Ah ! si mon changement doit causer votre perte, Frappei, prenez ma vie, elle vous est offerte; Prévenez par ce coup le forfait odieux Qu'un amour trop aveugle...

▲ aiAKK.

Ote-toi de mes yeux :

De ta constance ailleurs va montrer les mérites; Je ne veux pas avoir Tafliront que tu me quittes.

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