‹ Chefs-d'œuvre de Thomas Corneille: précédés de son éloge historiqueChapitre 43 sur 224 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

ARIANE, NÉRINE

▲ RIAHE.

Il sort , Nérine. Uélas !

xriaiNE.

Qu'auroit fait sa présence , Qu*accroitre de vos maux la triste violence ?

▲ RIAHE.

M'avoir ainsiquittée, et par<tout me trahir !

sÉEiirs.

Vous l'avez commandé.

▲ RI1.VB.

Devoit-il obéir?

HÉRXirE.

Que vouliez-vous qu'il fît? vous pressiez sa retraite.

A-RIAHE.

Qu'il sùl , eu s emportaat, ce que l'amour souhaite.

Aa ARIANE.

Et qu a mon désespoir soiiffirant un libre cours Il s^enlendit chasser, et demeurât toujours.

Quoique sa trahison et m'accable et me tue, Au moins j'aurois joui du plaisir de sa vue:

Mais il ne sauroit plus souffirlr la mienne. Ah dieux l As-tu vu quelle joie a paru dans ses yeux.

Combien il est sorti satisfût de ma haine ?

Que de mépris !

HKRIirX.

Son crime auprès de vous le gène , Madame; et, n'ayant point d'excuse à vous donner. S'il vous fuit, j'y vois peu de quoi vous étonner : H s'épargne une peine à peu d'autres égale.

AEIAirs.

M*en voir trahie ! Il faut découvrir ma rivale. Examine avec moi. De toute cette cour Qui crois-tu la plus propre à donner de Tamour.^ Est-ce Mégiste , Églé, qui le rend infidèle ? De tout ce qu'il y voit Cyane est la plus belle : Il lui parle souvent; mais, pour m'ôter sa foi, Doit-elle être à ses yeux plus aimable que moi ?

Tains et foibles appas qui m'aviez trop flattée. Voilà votre pouvoir, un lâche m'a quittée!

Mais si d'un autre amour il se laisse éblouir, Peut-être il n'aura pas la douceur d'en jouir:

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