SCÈNE V
ARIANE, NÉRINE
▲ RIAHE.
Il sort , Nérine. Uélas !
xriaiNE.
Qu'auroit fait sa présence , Qu*accroitre de vos maux la triste violence ?
▲ RIAHE.
M'avoir ainsiquittée, et par<tout me trahir !
sÉEiirs.
Vous l'avez commandé.
▲ RI1.VB.
Devoit-il obéir?
HÉRXirE.
Que vouliez-vous qu'il fît? vous pressiez sa retraite.
A-RIAHE.
Qu'il sùl , eu s emportaat, ce que l'amour souhaite.
Aa ARIANE.
Et qu a mon désespoir soiiffirant un libre cours Il s^enlendit chasser, et demeurât toujours.
Quoique sa trahison et m'accable et me tue, Au moins j'aurois joui du plaisir de sa vue:
Mais il ne sauroit plus souffirlr la mienne. Ah dieux l As-tu vu quelle joie a paru dans ses yeux.
Combien il est sorti satisfût de ma haine ?
Que de mépris !
HKRIirX.
Son crime auprès de vous le gène , Madame; et, n'ayant point d'excuse à vous donner. S'il vous fuit, j'y vois peu de quoi vous étonner : H s'épargne une peine à peu d'autres égale.
AEIAirs.
M*en voir trahie ! Il faut découvrir ma rivale. Examine avec moi. De toute cette cour Qui crois-tu la plus propre à donner de Tamour.^ Est-ce Mégiste , Églé, qui le rend infidèle ? De tout ce qu'il y voit Cyane est la plus belle : Il lui parle souvent; mais, pour m'ôter sa foi, Doit-elle être à ses yeux plus aimable que moi ?
Tains et foibles appas qui m'aviez trop flattée. Voilà votre pouvoir, un lâche m'a quittée!
Mais si d'un autre amour il se laisse éblouir, Peut-être il n'aura pas la douceur d'en jouir: