‹ Chefs-d'œuvre de Thomas Corneille: précédés de son éloge historiqueChapitre 47 sur 224 · ACTE IV, SCÈNE IL · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE IL

CEVAHUS.

Ah ! pour la mériter, si le plus pur hommage...

▲ aiAHB.

Seigneur, dispensez-moi d'en onir davantage. J'ai tous les sens encor de trouble embarrassés : Ma main dépend de yous, ce tous doit être assez ; Mais, pour vous la donner, j'avouerai ma foiblessp, Tai besoin qu'un ingrat par son hymen m'en presse. Tant que je le verrais en pouvoir d'être à moi, Je prétendrois en vain disposer de ma foi.

Un feu bien allumé ne s'éteint qu'avec peine. Le parjure Thésée a mérité ma haine ; Mon cœur veut être à vous , et ne peut mieux choisir : Mais s'il me voit, me parle, il peut s'en ressaisir. L'amour par le remords aisément se désarme :

Il ne faut quelquefois qu'un soupir, qu'une larme ; Et du plus fier courroux quoi qu'on se «oit promis, On ne tient pas long-temps contre un amant soumis. Ce sont vos intérêts que, sans m'en vouloir croire, Thésée à ses désirs abandonne sa gloire ; Dès que d'un autre objet je le verrai l'époux. Si vous m'aimez encor, seigneur, je suis à vous. Mon cœur de votre hymen se fait un heur suprême , Et c'est ce que je veux lui déclarer moi-même. Qu'on le fasse venir. Allez, Nériue. Ainsi,

De mon cœur, de ma foi u ayez aucun souci :

Après ce que j*ai dit, vous en êtes le maître.

OENARUS.

Ah ! madame, par où puis-je assez recoDDoitre...

ARIAHE.

Seigneur, un peu de trêve ; en Tétat où je suis. J'ai comblé votre espoir, c'est tout ce que je puis.

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