‹ Chefs-d'œuvre de Thomas Corneille: précédés de son éloge historiqueChapitre 54 sur 224 · PHÈDRE, THÉSÉE · texte numérisé non relu

PHÈDRE, THÉSÉE

THÉSÉE

Le ciel à mon amour seroit-il favorable Jusqu'à rendre sitôt Ariane exorable ?

Madame, quel bonheur qu'après tant de soupirs Je pusse sans contrainte expliquer mes désirs, Vous peindre en liberté ce que pour vous m'inspire. ..

PHEDRE

Renfermei-le, de graoe, et craignez d'en trop 4ire. Vous voyez que j'observe, avant que vous parler , Qu'aucun témoin ici ne se puisse couler.

Un grand calme à vos yeux commence de paroilre. Tremblez , prince, tremblez ; l'orage est prêt de naître. Tout ce que vous pouvez vous figurer d'horreur Des violents projets de l'amour en fureur , N'est qu'un foible crayon de la secrète rage Qui possède Ariane et trouble son courage.

L'aveu qu'à votre hymen elle semble donner Ters le piège tendu cherche à vous entraîner. C'est par là qu'elle croit découvrir sa rivale ; Et, dans les vifs transports que sa vengeance étale. Plus le sang nous unit , plus son ressentiment. Quand je serai connue, aura d'emportement.

Rien ne m'en peut sauver, ma mort est assurée. Tout à rheure avec moi sa haine l'a jurée :

J'en ai reçu l'arrct. Ainsi, le fort amour Souvent sans le savoir mettant sa flamme au jour, Mon sang doit s'apprêter à laver son outrage. Vous l'avez voulu , prince ; achevez votre ouvrage.

THÉSÉE

A quoi que son courroux puisse être disposé, Il est pour s'en défendre un moyen bien aisé.

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