ACTE V, SCÈNE V. pS
La honte qu*il en a lui fait fuir ma rencontre. Mais enfin à mes yeux il faudra qu*il se montre : Nous Terrons s*il tiendra contre ce qu'il me doit ; Mes larmes parleront, c'en est fait s'il les voit Ne les contraignons plus, et par cette foiblesse De son cœur étonné surprenons la tendresse.
Ayant à mon amour immolé ma raison , La peur d'en faire trop seroit hors de saison. Plus d'égard à ma gloire ; approuvée ou blâmée, J'aurai tout fait pour moi, si je demeure aimée... Mais à quel lâche espoir mon trouble me réduit ! Si j'aime encor Thésée, oubliftje qu'il fiiit? Peut-être en ce moment aux pieds de ma rivale Il rit des vains projets où mon cœur se ravale. Tous deux peat-étre.<ii Ah de! ! Nérine , empéche-moi D'ouir ce que j'entends, de voir ce que je voi. Leur triomphe me tue; et, toute possédée De cette assassinante et trop funeste idée, Quelques bras que contre eux ma haine puisse unir» Je souffre plus encor qu'elle ne peut punir.
9(i ARIANE.