‹ Chefs-d'œuvre de Thomas Corneille: précédés de son éloge historiqueChapitre 7 sur 224 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

OENARUS, ARCAS.

OEKARUS.

J E le confesse, Arcas, ma foiblesse redouble; Je ne puis voir ici Pirithoùs sans trouble.

Quelques maux où ma flamme ait dû me préjMirer, C'étoit toujours beaucoup que les voir différer. La princesse a voit beau m'étaler sa constance. Son hymen reculé flattoit mon espérance; Et si Thésée avoit et son cœur et sa foi, Contre elle, contre lui, le temps étoit pour moi. De ce foible secours Pirithoiis me prive ; Par lui de mon malheur Tinstant fatal arrive. Cet ami , si long-temps de Thésée attendu ,

Pour partager sa joie en ces lieux s*«st rendu ; Il vient être témoin du bonheur de sa flamme. Ainsi plus de remise; il faut mVracher Tame, Et me soumettre enfin au tourment sans égal De voir tout ce que j'aime au pouvoir d'un rival.

ARCAS

Ariane vous charme, et sans doute elle est belle;

Mais, seigneur, quand lamour vous a parlé pour elle,

Avez-vous ignoré que déjà d'autres feux

La mettoient hors d'état de répondre à vos vœux.'

Sitôt que dans cette ile, où les vents la poussèrent.

Aux yeux de votre cour ses beautés éclatèrent,

Vous sûtes que Thésée avoit par son secours

Du labyrinthe en Crète évité les détours.

Et que, pour recounoitre une amour si fidèle,

Vainqueur du Minotaure, il fuyoit avec elle.

Quel espoir vous laissoient des nœuds si bien formés?

Ils étoient Kun de l'autre également charmés:

Chacun d'eux Tavouoit; et vous-même en cette ile.

Contre le fier Minosleur promettant asile,

Tous les pressiez d'aboi*d d'avancer Theurcux jour

Qui devoit par Thymen couronner leur amour.

OBNARUS.

Que n'oQt-ils pu me croire! ils m'anroient vu sans peine

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