‹ Chefs-d'œuvre de Thomas Corneille: précédés de son éloge historiqueChapitre 80 sur 224 · I.A DUCHESSE · texte numérisé non relu

I.A DUCHESSE

Et si Ton VOUS arrête ?

On n'oseroit, madame:

Si Ton avoit tenté ce dangereux éclat, Le coup qui le peut suivre entraineroit l'état.

LA DUCHESSE

Quoique votre personne a la reine soit chère, Gardez , en la bravant, d'augmenter sa colère; Elle veut vous parler ; et , si vous l'irritez. Je ne vous réponds pas de toutes ses bontés.

C'est pour vous avertir de ce qu'il vous faut craindre Qu'à ce triste entretien j!ai voulu me contraindre. Du trouble de mes sens mon devoir alarmé Me défend de revoir ce que j'ai trop aimé ; Mais, m'étant fait déjà l'effort le plus funeste , Pour conserver vos jours je dois faire le reste. Et ne permettre pas...

ii8 LE COMTE D*£SSËX.

LE COMTE d'bsSBX.

Ah ! pour les conserver Il étoit un moyen plus facile à trouver; G*étoit en m'épargnant TefiToyable supplice Où vous prévoyiez... Ciel ! quelle est votre injustice! Vous redoutez ma perte, et ne la craigniez pas Quand vous avez signé Tarrêt de mon trépas.

Cet amour où mon cœur tout entier s*abandoune...

LA DUCHESSE

Comte, n'y pensez plus, ma gloire vous Tordonne. Le refus d'un hymen par la reine arrêté Eût de notre secret trahi la sûreté.

L'orage est violent; pour calmer saiurie, Contraignez ce grand cœur, c'est moi qui vous en prie; Et , quand le mien pour vous soupire encor tout bas, Souvenez-vous de moi, mais ne me voyez pas.

Un penchant si flatteur... Adieu : je m'embarrasse; Et Cécile qui vient me fait quitter la place.

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