‹ Chefs-d'œuvre de Thomas Corneille: précédés de son éloge historiqueChapitre 79 sur 224 · ACTE I, SCÈNE II. ii · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE II. ii

Mais c'est peu que mon cœur, dans ma disgrâce extrême, Pour suivre son devoir s*arrache à ce qu*il aime; Il faut, par un effort pire que le trépas, Qu*il tAche à se donner à ce qu'il n'aime pas. Si la nécessité de vaincre pour ma gloire Tous fait voir quels combats doit coûter la victoire, ' Si vous en concevez la fatale rigueur.

Ne m*ètez pas le fruit des peines de mon cœur. C'est pour vous conserver les bontés de la reine. Que j'ai voulu me rendre à moi-même inhumaine; De son amour pour vous elle m'a fait témoin : Ménagez-en Tappui, vous en avez besoin.

Pour noircir , abaisser vos plus rares services , Aux traits de Timposture on joint mille artifices ; Et l'honneur vous engage à ne rien oublier Pour repousser l'outrage , et vous justifier.

LX COMTE d'xSSSX.

Et me justifier? moi ! ma seule innocence Contre mes envieux doit prendre ma défense.

D'elle-même on verra l'imposture avorter, Et je me ferais tort si j'en pouvois douter.

LA DUCHXSSE.

Tous êtes grand, fameux, et jamais la victoire N'a d'un sujet illustre assuré mieux la gloii^e;

ii6 LE COMTE D*£S8EX.

Mais, plus dans un haut rang la fiiveur tous a mis. Plus la crainte de choir tous doit rendre soumis. Outre qu'avec Tlrlande on vous croit des |>Fatiqnes, Tous êtes accusé de révoltes publiques.

Avoir, à main armée, investi le palais...

La GOMTB d'bSSSX.

O malheur pour Tamour à n^oublier jamais !

Tous épousez le duc, je l'apprends, et ma flamme Ne peut vous empêcher de devenir sa femme.

Que ne sus-je plus tôt que vous m'alliez trahir \ En vain on vous auroit ordonné d'obéir :

J'aurois... Mais c'en est fait. Quoi que la reine pense. Je tairai les raisons de cette violence.

De mon amour pour vous le mystère éclairci. Pouf combla mes malheurs, vous banniroit d'id.

LA nUGHESSK.

Mais vous ne songez pas que la reine soupçonne Qu'un complot si hardi regardoit sa couronne. Des témoins contre vous en secuet écoutés Font pour vrais attentats passer des faussetés. Raleigh prend leur rapport ; et le lâche Cécile...

LE COMTE d'eSSBX.

L'un et l'autre eut toujours l'ame basse, servile. Mais leur malice en vain conspire mon tré|)as ; I^a reine me couuoît, et ne les croira pas.

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