ACTE 1, SCÈNE I
Vois par là de Tamour le bizarre caprice.
Phèdre dans sa beauté tt*a rien qui D*éblouitte ; Les charmes de sa sœur sont à peine aussi doux ; Je n'ai qu'à dire un mot pour en être l'époux : Cependant, quoique aimable et peut-être plus belle, Je la vois, je lui parle, et ne sens rien pour elle. Non , ce n'est ui par choix, ni par raison d'aimer , Qu'en voyant ce qui plaît ou se laisse enflammer v D'un aveugle penchant le charme imperceptible Frappe, saisit, entraine, et rend un cœur sensible ; Et, par une secrète et nécessaire loi, On se livre à l'amour sans qu'on sache pourquoi. Je l'éprouve au supplice où le ciel me condamne. Tout me parle pour Phèdre, et tout contre Ariane ; Et, quoi que sur le choix ma raison ait de jour, L'une a ma seule estime, et l'autre mon amour.
ARCAS
Mais d'un pareil amour n'éles-vous pas le maître ? Qui |)eut tout ose tout.
oc H A RU s.
Que me fais-tu connottre !
L'ayant reçue ici, j'aurois la lâcheté De violer les droits de rhospitalilé !
Quand je m'y résoudrois,quel espoir pour ma flamme?
£a la tyrauuisant, toucherois-je sou ani«?
Thésée est uû héros fametii. par tant d'exploits,
Qu'auprès d'elle en mérite il efikce les rois.
Son cœur est tout à lui, j'en coimois la constance ;
Et nous ferions en vaiu agir la violence.
Ainsi parinon respect, au défaut d'être aimé,
Méritons jusqu'au bout deni'en voir estimé.
Par d'illustres efforts les grands cœurs se conuoissent;
Et mblgré mon amour... Mais les princes parolsâeut.