‹ Chefs-d'œuvreChapitre 34 sur 74 · MONSIEUR HARDOUIN, MADAME BERTRAND MONSIEUR HARDOUIN · texte numérisé non relu

MONSIEUR HARDOUIN, MADAME BERTRAND MONSIEUR HARDOUIN

Notre sort est là-dedans.

MADAME BERTRAND

Je tremble.

DIDEROT

MONSIEUR HARDOUIN

Et moi aussi Ouvrirai-je?

>L\DAXE BERTR.\ND

Ouvrez, ouvrez vite.

MONSIEUR HARDOUIN ouvre et lit.

C'est le brevet de votre pension, signé du ministre. Elle est de mille écus.

MADAME BERTR-\ND

Le double de ce qu'on m'avait offert ?

MONSIEUR HARDOUIN

Oui, j'ai bien lu, et réversible sur la tète de votre fils.

:nL\dame bertr-\nd La force me manque, permettez que je m'asseye ; monsieur, un verre d'eau, je me trouve mal.

monsieur HARDOUIN, vers la coulisse.

Vite un verre d'eau. {Cependant M. Hardouin écarte le mantelet de madame Bertrand et la met un peu en désordre.)

MADAME BERTRAND, toujours assise.

J'ai donc enfin de quoi subsister ! Mon enfant, mon pauvre enfant ne manquera ni d'éducation ni de pain ! Et c'est à vous, monsieur, que je le dois! Pardonnez, monsieur, je ne saurais parler, la violence de mon sentiment m'embarrasse la voix. Je me tais, mais regardez, voyez et jugez, {Madame Bertrand ne s'aperçoit qxi'alors de son désordre.)

MONSIEUR HARDOUIN

Vous n'avez jamais été de votre vie aussi touchante et aussi belle. Ah ! que celui qui vous voit dans ce moment est heureux, j'ai presque dit est à plaindre de vous avoir servie ! >L\DAME BERTRAND

Me permettez-vous d'attendre ici M. Poultier ? MONSIEUR HARDOUIN

Il faut faire mieux. Cet enfant deviendra grand ; qui sait si quelque jour il n'aura pas besoin de la faveur du ministre et des bons offices du premier commis? Mon avis serait que vous allassiez le chercher et que vous le présentassiez à M. Poultier,

AL\DAME BERTRAND Vous avez raison, monsieur. A ce sang-froid qui vous permet de penser à tout, il est aisé de voir que l'exercice de la bienfaisance vous est familier. Je cours prendre mon

=^= EST-IL BON ? EST-IL MÉCHANT

enfant. Comme je vais le baiser ! Si je ne vous apparais pas dans un quart d'heure, c'est que je serai morte de joie.

MONSIEUR HARDOUIN, lui ojfrant le bras.

Permettez, madame...

MADAME BERTRAND

Non, monsieur, non ; je me sens beaucoup mi

MONSIEUR HARDOUIN, vers la coulisse.

Donnez le bras à madame jusqu'à sa voiture.

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