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|,es bronzes japonais se distinguent des bronzes chinois par une légèreté spécifique beaucoup plus grande. Il en est qui produisent à la main la plus singulière illusion : ou croit en les prenant cpi’on va soulever un objet en métal, et c’est presque un objet en verre. Les Japonais se sont montrés dans leurs bronzes les modeleurs les plus intelligents et les plus habiles. Presque tous leurs beaux objets sont fondus à cire perdue, et celte cire perdue est modelée si magistralement, caressée si minutieusement par l'ébauchoir, que des objets relativement grossiers, tels que des corbeilles ou dos veilleuses, sont des chefs-d’œuvre de rendu. Les quelques objets qui sont groupés sur la page ci-contre montrent leur inépuisable fantaisie et leur amour sincère de la nature. Avec quelle élégance celle grue allonge le col et maintient dans son liée une branche, ce n’est qu’un vulgaire chandelier. Ce vase à long goulot, qui rappelle avec moins de maigreur dans les profils les aiguières persanes, a ses flancs émaillés de Heurs et de fruits. Celle tortue qui allonge sa tète prudente et semble hâter scs pattes griffues et squameuses, comme si elle défiait à la course la vache pensive qui porte ce religieux perdu dans sa lecture, c’est un brûle-parfum creux, signé, chose rare, du nom de l’artiste : la fumée du parfum sort en mince spirale bleue par un petit trou ménagé au bout du bec. 11 )■ a encore des dragons dont les contorsions rageuses font frémir et qu’on dirait vivants.
Mais il est temps, ce nous semble, d'indiquer brièvement au lecteur en quoi consiste ce procédé de la fonte à cire perdue. Nous n’en voulons traiter qu'au point de vue du résultat final, car les opérations de fonte, très-simples en apparence, sont compliquées
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