‹ Chefs-d'œuvre des arts industrielsChapitre 24 sur 29 · BRONZE ET K R R · texte numérisé non relu

BRONZE ET K R R

d’une Ionie de détails impossibles à enregistrer iei et hérissées de termes techniques ; on conçoit d’ailleurs qu’elles ont sensiblement varié selon les lieux, les peuples, les temps et les circonstances.

11 y a d’abord à savoir si le bronze sera plein ou creux. S'il doit être plein, l’opération est plus simple et le sculpteur modèle l’objet en pleine cire. S’il doit être creux, il établit d’abord un noyau ou Ame, armature intérieure et massive faite en « potée, » pâte très-fine, très-broyee, très-battue, mélange d’argile et de bourre ou quelquefois de crottin de cheval ; puis il garnit de cire ce noyau et exécute son modèle. Le modèle achevé, il le revêt extérieurement avec des soins extrêmes de couches de plus en plus résistantes, compactes et épaisses de cette même potée qui résiste à une violente chaleur. Il réserve des évents, ouvertures par où sortira l’air pressé par l’arrivée du métal en fusion, et des jets, ouvertures par lesquelles s'introduira le métal. On fond alors la cire et on la fait sortir, puis, dans le moule consolidé et renforcé on verse le métal en fusion et dont l’alliage est très-variable. On conçoit qu’il pénétrera dans les plus petits recoins de ce moule et s’v figera; qu’il reproduira, comme la peau reproduit l’empreinte d’une pièce de monnaie qu’on y presse, les plus subtiles traces de travail qu’avait conservées le moule, et que l’on a ainsi une épreuve d'une merveilleuse fidelité, mais qui est unique.

Nous possédons une |K!tite étude à cire jierdue de David d'Angers [lour son vigoureux médaillon d’Armand Carrel . Outre le caractère singulier du modèle, mil couvert, front droit et en retour sur le nez, mâchoire dure et bouche entêtée, on est frappé par l’aspect même de celte pièce de bronze, grande comme une pièce de cinq

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francs. On ne saurait mieux la comparer pour la virginité de l’outil et des traces du doigt sensibles sur la pommette de la joue, pour la souplesse de la mèche de cheveux rejetée en avant à la mode de 1850, le relief de l’attache du cou, pour le mordant de la signature qui semble avoir etc tracée dans la cire avec une aiguille, ]>our l’émotion que David ressentait visiblement en louchant cetlc tète d’un ami tombé trop tôt, on ne sautait mieux comparer celle pièce qu’à une belle épreuve d’une des prestigieuses eauxfortes de Rembrandt, portraits qui respirant cl |>enscnl.

Les bronzes de M. Barye, — que ce soient des statuettes ou des animaux, et même celle, statue équestre de Napoléon l,r, partie |M)itr Ajaccio sans que presque personne ait eu le temps de l’admirer à l’aris, — les bronzes de M. liarye sont fondus à sable, mais avec la plus rare perfection. Us seront un des honneurs de ce siècle, qui malheureusement depuis la lin de l’ancienne société jusqu’à ees dernières années, a trop souvent sacrifié au bon marché. Sans oser toucher au côté d’art, qui dans cet œuvre est énorme et absolument nouveau, et qui mériterait une élude spéciale, notons seulement que ees centaures Biénus, res Thésée domptant le Minotaure, ces Louis XII chargés des lauriers italiens et ces amazones romantiques, ces éléphants, ces tigres, ees chevaux, ces lions, ces crocodiles, tout cet œuvre si simple, si correct et si puissant, est, an point de vue du métier de fondeur, d’une admirable précision.

L’art de la fonte a toujours été parfait en France. Fellini jugeait digne des antiques les fontes que l’rimatice avait fait couler en France dans les moules qu’il était allé prendra en Italie pour le

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compte <le François I*'. La fonte (les frères Relier offre une grande supériorité sur tout ce qui a été fait dans tout autre pays.

Le signe extérieur le plus recherché d’une fonte et qui transparaît même sous celle patine ou oxydation dont le temps la couvre comme d’un vernis magnifique variant du bleu sombre an bleu turquoise, c’est la finesse de l’épiderme.

Hien ne peut lutter avec la cire perdue, et les Italiens le savaient bien, car ils la réservaient non seuement pour leurs bustes, pour leurs statuettes, pour leurs médaillons, mais

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aussi très-souvent pour

des objets courants, tels que des chandeliers, des encriers, des boites à bijoux, etc.

Il va sans dire que les éliauches, les premières pensées des Italiens pour une statue équestre ou en pied étaient arrêtées ainsi. Tel est le modèle du l’ersée (leCeliini que possède Florence. Telle est aussi cette charmante réduction de la statue de Colleone, par Andrea Verrocchio, qui est dans le cabinet de M. A. Thiers. Nos artistes ont à peu près renoncé à ce procédé qui laissait des traces si exquises des liouillonnemenls de la pensée et des repentirs du travail, pour travailler en terre glaise leurs esquisses.

L' goût sérieux pour les bronzes de la Renaissance ne date, à vrai dire, que dures dernières années, et nous espérons bien que

l’on verra monter ces précieux objets à des prix dignes d’eux, la' siècle de Louis XIV, avec son goût d’emprunt pour les maîtres italiens de troisième ordre, avait détourné les idées. Mais nos amateurs sont plus justes, et plus le Guide et i’Mbane perdent d’admirateurs, plus les écoles robustes de Florence ou de Milan conquièrent d’adeptes.

Le buste de Brunacci Rinaldi, qui offre une physionomie si vivante et si énergique, a été acheté par M. Gérôme, le membre de l’Institut, à la suite de l'Fxposilion rétrospective, pour une somme qui aura certainement décuplé de valeur avant dix ans d’ici, l’n des amateurs dont le goût est le plus élevé en même temps que le plus compréhensif, M. Mis de la Salle, a réuni dans son cabinet des monnaies antiques et des bronzes de la Renaissance, des dessins du Poussin et des lithographies de Géricault, des peintures d’Ange de Fiesole et l’œuvre complète de Gavarni. Il nous disait un jour A quel prix il avait recueilli en Italie ses médailles des Padouans et ses plaques. C’est à peu près le prix que l’on paye aujourd’hui une belle épreuve d’une lithographie de Rafl’et ou d’une eau-forte de

ll-ÎIIITTE PD COUrOH, Statue équestre par Indre* Yerrocehio.

Collection de M. A. Thirrv

nRONZE ET FEn.

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.Seymour-Haden !... El quelle science profonde îles mouvements de l’âme el des altitudes du corps dans eel art du quinzième siècle

tr. «r brojacci , rntoai»: rt.oHKxntx, *rizi£m ntar, Collection «le M. < h* rouir.

italien ! Peul-on imaginer plus de douceur unie à plus de force que dans celte Charité qui rérhauffc el caresse ces beaux enfants rondelets el bruyants ?

I.CS procédés de la fonte varient selon les métaux et leur degré de fusibilité. Il est évident par exemple que le traitement ne sera

l'HEFS-P’ŒUYHK P F. S AIITS I MiliSTPI EI.S.

|>as le même pour le cuivre i|uc pour un olijel en étain . On s’est aussi beaucoup servi et on se sert encore aujourd'hui de pro-

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cédés lonrièremenl différents, tels que le repoussé par exemple pour la poterie d'élain, ou la ciselure pour le fer. Nous en

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