LE MARCHAND DE UNTURNES
toute vive (j'eusse pu dire, il oublia son devoir et sa charge, si que indiiëmeut il raccoûlra, natui ellement, charnellement, et vous pouriez dire individuëmciU, pour l'instant de la conjonction récipn que et mutuelle), mais je hais ces para- ])hiases; il faut, donner dedans, il commit atlultère. Ce qui était connu du consistoire, il lut corrij,^'; et averti fraternellement, dont il ne tint conte, parce qu'il continua, tellement que (e scandale fut grand, et fut passe pirles consistoires, puis par le synode, et enlin déposé co;i;nie un pot en tez, et leur fut inventé le jeu au ministre dépouillé,
La triste condition de M. Jacques de la Tour le mit presque au désespoir : toutefois il eut meilleur cœur; il ne voulut pas se donner au diable après son àne, ni ieter le manche •iprès les ccourgées, comme font les petits garçons qni fouettent le sabot, mais s'avisa de trafiquer et laire profiter si peu d'argent qu'il avoit de reste de ses commodités passées. Il se mit donc à faire la marchandise, et profitant si peu il fut aflViandé de venir aux foires. Ainsi il se trouva à celle de Fontenai avec beaucoup de marchandises, et entie autres grande quantité de lanternes. Nous y fumes avec boime et joyeuse troupe de gentilshommes du pays. Me promenant j'aperçus ce marchand et le considérai fort, pource qu'il m'étoit avis que je l'avois vu autre part. Je le dis aux autres qui de même en pensoient comme moi. Ainsi que nous doutions et le trouvions de bonne façon pour un lanterniei-, et tpie déjà nous nous étions entredit cju'il ressembloit au minisire déposé, il s'aperçut que nous le regardions. Alors approchant, le Fouilloux lui demanda :
— Mon maître, mon ami, n'ètes-vous point parent de ce ministre qui fut déposé à l'autre synode?
Adoncques sans s'émouvoir il dit :
— C'est moi qui suis celui que vous dites.
ii":» LES CONTEUHS FHANÇA13.
— Et pourquoi et comment ast-il avenu qu aujourd'liui vous èio.s man liaiid de lanternes?
— 0, lio, (lit il, et |)(Mirqiioi lion? .le vous les ai aulrelois préchées, niaiiiLeiiaiit je vous les vends.
Nous ne Touloris point faire ici la critique des écrivains de noir.; temps, mais nous croyons pouvoir dire que les conteurs du seizième siècle peuvent sans désavantage et quelquefois même avec a\ant.i;,'e soutenir avec eux la coMij)araison. On ne trouve pas en effet dans leurs œuvres ces interminables longueurs, ces conversations traînantes, ces descriptions qui ressemblent à des inventaires de cornmiss;! ires-priseurs, et qui déparent les œuvres les plus remarqu:ibks des romanciers modernes. Ils ont le tour vif, le dialogue rapide, et ne prêchent pas des lanterne* , comme tels et tels que nous coq naissons bien.