GUILLAUME BOUCHER
Le livre de Guillaume Bouchera oblenu un liès-grand succès dans ion temps :
Mon Boucher, les discours sont autant de merveilles Qui captivent nos cœurs d'un r;ivisseinent doux: Ils sont tout pleins de laict où Mercure jaloux Trempe bon caducé pour charmer nos oreilles.
Tel est le témoignage flatteur que rend à son ami et coinpalriole le sieur de la Roche d'Osseau ; un autre riineur du Poitou ne se contente pas de Mercure et de son caducée ;
Gomme on voit un es>ciii d'avetlei
Sur un amas de fleurelles,
D'un labeur pécunicux
Moissonner la douce Ambroisie
Que la niepce d'Oritie
Ver^c uu grand baïKiuet des dieux.
Ainsi ta docte cervelle
Qui se vire à lire d'aile '
Dedans l'édcn des nœuf sœun*
Peut cueillir dedans co livre
Cette liqueur que délivre
Apollon i ses sonneurs.
Au milieu d*id(3^ souvent bizarres, et de dissertations scienti«> fiquesplusou moins ridicules, Bouclier rencontre parfois des vues exactes et justes, et quand le dix-huitièine siècle faisait à Rousseau l'honneur d'avoir demandé le premier aux mères de nourrir leurs enfants, i] avait oublié que le juge des marchands de Poitiers avait développé la même idée dans le chapitre xxiv des Sérées intitulé : det Nourrices, où il est dit « qu^oster aux mères leurs enfants pour les donner à une autre nourrice, ne peut eslre autrement appelé que faire un contre-tempérament à la nature. »
Nous dénions regarder plus souvent dans les vieux livres, car nous pourrions j trouver bien des choses que nous crojons avoir ix^ Tentées.
LIS ÉC0R0MIB8 DD MÉIfAGE.
Un homme marié se plaignoit à sa femme de la grande des* pense qu'elle faisoit en habillement, et luy juroit qu'il ne luy
290 LES CO.NTKUFJS FIIANÇAIS.
faisoit fois qui ne luy coiislat |)lus d'un cscu. Muis sa femme l'a bien rembarré, en lui disant : c fuites-lc si souvent <|u il ne vous icvicume à un lianl *. »
Ceci est pour monlr< r ^u'il n'y a point de femme qui 8€ plaigne du tiop.