ACTE l, SCÈNE V
Métrobate l'a fait, par des terreurs paniques,
Eoij^nant de lui trahir mes ordres tyranuicpios;
Et, pour l'assassiner se disant suborné ,
!1 l'a, grâces aux dieux, doucement amené '.
II vient s'en plaindre au roi, lui demander justice;
Et sa plainte le jette au bord du précipice.
Sans prendre aucun souci de m'en justifier,
.Iw saurai m'en servir à me fortifier.
Tantôt en le voyant j'ai fait de l'effrayée.
J'ai changé de couleur, je me suis écriée :
Il a cru me surprendre , et l'a cru bien en vain ,
Puisque son retour même est l'œuvre de ma main
CLÉONE
Mais quoi que Rome fasse , et qu'Attale prétende , Le moyen qu'à ses yeux Laodice se rende ?
ARSIXOÉ.
Et je n'engage aussi mon fils en cet amour Qu'à dessein d'éblouir le roi, Rome, et la cour.
Je n'en veux pas, Cléone, au sceptre d'Arménie : Je cherche à m'assurer celui de Bithynie; Et , si ce diadème une fois est à nous ■ , Que cette reine après se choisisse un époux. Je ne la vais presser que pour la voir rebelle , Que pour aigrir les cœurs de son amant et d'elle, Ee roi, que le Romain poussera vivement, De peur d'offenser Rome agira chaudement ; Et ce prince , piqué d'une juste colère , S'emportera sans doute, et bravera son père. S'il est prompt et bouillant, le roi ne l'est pas moins; Et, comme à l'échauffer j'appliquerai mes soins, P<Hir peu qu'à de tels coups cet amant soit sensible,
' Vin. Il iiic l'a , grâce aux ilu-ux , doucciiR-iit aiiiciic. \\it. Et. si it: dia<.Uiiic une fois cbl pour nous,
204 NlCOMEDE.
Mon entreprise est sùrc, et sa perte infaillible.
Voilà mon cœur ouvert et tout ce qu'il prétend, Mais dans mon cabinet Flaminius m'attend. Allons, et garde bien le secret de ta reine.
CLÉONE
Vous me connaissez trop pour vous en mctirc en peine.