ACTE lî, SCÈNK ITT
El nV'panflro sur vous que dns prospf'Titésl
ANTIOCIUJS.
Jusques ici, madame, aucun ne met en doute
Les longs et grands travaiLX que notre amour vous cou te ;
Et nous croyons tenir des soins de cet amoiu-
Ce doux espoir du trône aussi bien que le jour;
Le récit nous en charma, et nous fait mieux comprendre
Quelles grâces tous deux nous vous en devons rendre :
Mais, afin qu'à jamais nous les puissions bénir.
Épargnez le dernier à notre souvenir ;
Ce sont fatalités dont l'àme embarrassée
A plus qu'elle ne veut se voit souvent forcée.
Sur les noires couleurs d'un si triste tableau
Il faut passer l'éponge ou tirer le rideau :
Un fils est criminel quand il les examine;
Et, quelque suite enfin que le ciel y destine ,
J'en rejette l'idée, et crois qu'en ces malheurs
Le silence ou l'oubli nous sied mieux que les pleurs.
Nous attendons le sceptre avec même espérance :
Mais si nous l'attendons, c'est sans impatience ;
Nous pouvons sans régner vivre tous deux contents;
C'est le fruit de vos soins, jouissez-en longtemps :
iHombera sur nous quand vom en serez lasse ;
Nous le recevrons lors de bien meilleure grâce ' ; ^^ jck.-<r^^
E t l'accepter sitô^seipble nous reprocher
Den^être revenusjj^iejjour vous racrafîher.
SÉLKUCUS.
J'ajouterai, madame , â ce qu'a dit mon frère, Que, bien qu'avec plaisir et l'un et l'autre espère , L'ambition n'est pas notre plus grand désir. Régnez, nous le verrons tous deux avec plaisir ' ;
' V\i!. .Nous le recevrons lors avec meilleure firàcc. Vm!. néf^noz, nous le verrons tous deux sans déplaisir.
3G RODQGUNE.
El c'est bien la raison que pour tant de puissance Nous vous rendions du moins un peu d'obéissance, Et que celui de nous dont le ciel a fait choix Sous votre illustre exemple apprenne l'art des rois.
CLÉOPATRE
Dites tout, mes enfants; vous fuyez la couronne,
Non que son trop d'éclat ou son poids vous étonne;
L'unique fondement de cette aversion,
C^st la honte attachée à sa possession.
Elle passera vos yeux pour la même infamie ,
S'il faut la partager avec notre ennemie ,
Et qu'un indigne hymen la fasse retomber
Sur celle qui venait pour vous la dérober.
0 nobles sentiments d'une âme généreuse ! 0 fils vraiment mes fils ! ô mère trop heureuse l Le sort de votre père enfin est éclairci ; Il était innocent, et je puis l'être aussi; Il vous aima toujours, et ne fut mauvais père Que charmé par la sœur , ou forcé par le frère ; Et dans cette embuscade où son effort fut vain , Rodo^ne, mes fils, le tua par ma main. '7î..c<:^o-oè*^ Ainsi de cet amour la fatale puissance Vous coûte votre père, à moi, mon innocence; Et si ma main pour vous n'avait tout attenté , L'effet de cet amour vous aurait tout coûté. Ainsi vous me rendrez l'innocence et l'estime. Lorsque vous punirez la cause de mon crime. De cette même main qui vous a tout sauvé , Dans son sang odieux je l'aurais bien lavé; Mais comme vous aviez votre part aux offenses. Je vous ai réservé votre part aux vengeances ; Et pour ne tenir plus en suspens vos esprits , Si vous voulez régner , le trône est^^jcejgrix. Entre deux fils que j'aime avec même tendresse