VIRIATE, ARISTIE, THAMIRE, ARGAS
TUAMIRE.
Ah , madame !
VIRIATE
Qu'as-lu , Thamire? et d'où te vient ce visage abattu? Que nous disent tes pleurs?
THAMIRE
Que vous êtes perdue , Que cet illustre bras qui vous a défendue. . .
VIRIATE
Sertorius ?
TUAMIRE.
Hélas ! ce grand Sertorius. . .
VIRT.ATE.
N'achèveras-tu point?
TUAMIRE.
Madame, il ne vit phis.
VIRIATE
Il ne vit plus, o ciel ! Qui te l'a dit, Thamire?
TUAMIRE.
Ses assassins font gloire eux-mêmes d(.' h; dir«' ;
ACTK V, SCKM'] IH. 330
Ces ligTcs , dont la ragc^ au milirii du IVslin ,
Par Tordre d'un perfide a Iranehf'î son destin ,
Tout couverts de son sang, courent parmi la s\\\r
Émouvoir les soldats et le peuple imbécile;
Et Perpenna par eux proclamé général
Ne vous fait que trop voir d'où part co coup la lai.
VllUATE.
Il m'en fait voir ensemble et Fauteur et la cause. Par cet assassinat c'est de moi qu'on dispose; C'est mon trône , c'est moi qu'on prétend conquérir; Et c'est mon juste choix qui seul l'a fait périr.
Madame, après sa perte, et parmi ces alarmes, N'attendez point de moi de soupirs ni de larmes; Ce sont amusements que dédaigne aisément Le prompt et noble orgueil d'un vif ressentiment : Qui pleure l'affaiblit, qui soupire l'exhale. il faut plus de fierté dans une àme royale ; Et ma douleur, soumise aux soins de le venger...
ARISTIE
Mais vous vous aveuglez au milieu du danger : Songez à fuir, madame.
niAMlUli.
11 n'est plus temps : Aufide, Des portes du palais saisi pour ce perfide , En fait votre prison , et lui répond de vous. Il vient ; dissimulez un si juste courroux; Et jusqu'à ce (pi' nu temps plus favorable arrive, Daignez vous souvenir que vous êtes captive.
VIIUATK.
,Ie sais ce que je suis, et le serai toujours, N'eussé-je que le ciel et moi pour mon secours
340 SERTORIUS