CLÉOPATRE, LAONICE
CLÉOPATRE
Viennent-ils, nos amants?
LAONICE
Us approchent, madame.
On lit dessus leur front l'allégresse de l'ame; L'amour s'y fait paraître avec la majesté;
' Dans l'édition de 1647, après ce vers , ou trouve ceux-ci, (juu Corneille a*fii[!l)riini's :
Cette sorte de plaie est trop longnc ii saigner Pour eu vivre impunie, a moins ijue de régner. Régnons donc , aux dépens de l'une et l'autre^ viu ; Et, dût L'Ire leur mort de ma perte suivie. ' Vah. Mourir est toujours moins (|ue vivre leui ïujeltc.
72 RODOGUNE
Et, suivant le vieil ordre en Syrie usité.
D'une grâce en tous deux tout auguste et royale .,
Us viennent prendre ici la coupe nuptiale,
Pour s'en aller au teniple , au sortir du palais,
Par les mains du grand prêtre être unis à jamais :
C'est là qu'il les attend pour bénir l'alliance.
Le peuple tout ravi par ses vœux les devance,
Et pour eux à grands cris demande aux immcrttils
Tout ce qu'on leur souhaite au pied de leurs autels,
Impatient pour eux que la cérémonie
Ne commence bientôt, ne soit bientôt finie.
Les Parthes à la foule aux Syriens mêlés,
Tous nos vieux différends de leur àme exilés.
Font leur suite assez grosse, et d'une voix commiui
Bénissent à l'en vi le prince et Rodogune .
Mais je les vois déjà : madame, c'est à vous
A commencer ici des spectacles si doux.