‹ Chefs-d'œuvre dramatiques. Avec les variantes du texte, les examens de pièces, et Les discours sur la poésie dramatique (volume 2)Chapitre 73 sur 201 · SCENE I · texte numérisé non relu

SCENE I

MARTIAN, PULGHÉRIE.

MARTI AN

Je veux bien l'avouer, madame, car mon cœur

A de la peine encore à vous nommer ma sœur.

Quand malgré ma fortune à vos pieds abaissée , '

J'osai jusques à vous élever ma pensée.

Plus plein d'étonnement que de timidité.

J'interrogeais ce cœur sur sa témérité ;

Et dans ses mouvements , pour secrète réponse ,

Je sentais quelque chose au-dessus de Léonce ,

Dont, malgré ma raison, l'impérieux effort

Emportait mes désirs au delà de mon sort.

PULCHÉRIE

Moi-même assez souvent j'ai senti dans mon âme Ma naissance en secret me reprocher ma flamme. Mais quoi! l'impératrice à qui je dois le jour Avait innocemment fait naître cet amour : J'approchais de quinze ans, alors qu'empoisonnée Pour avoir contredit mon indigne hyménée , Elle mêla ces mots à ses derniers soupirs * : « Le tyran veut surprendre ou forcer vos désirs, « Ma fille , et sa fureur à son fils vous destine : « Mais prenez un époux des mains de Léontine ; « Elle garde un trésor qui vous sera bien cher, w

' Var. Cette pauvre princesse, en rendant les abois : « Ma fille ( un grand soupir arrêta là sa voix ), « Le tyran, me dit-elle, à son (ils vous destine.

Page 1