SCÈNE VII
HÉRAGLIUS, MARTI AN, LÉONTINE, PULCHÉRIE, EUDOXE, EXUPÈRE, AMINTAS, troupe.
UÉRACLIUS, à Léontine.
Est-i\ donc vrai, madame? et changeons-nous de sort? Amintas nous fait-il un fidèle rapport?
LÉONTINE
Seigneur, un tel succès à peine est concevable , Et d'un si grand dessein la conduite admirable. .,
HÉRAGLIUS, à Exupère.
Perfide généreux, hâte-toi d'embrasser Deux princes impuissants à te récompenser.
EXUPÈRE, à Héraclius.
Seigneui% il me faut grâce ou de l'un ou de l'autre : J'ai répandu son sang, si j'ai vengé le vôtre.
MARTIAN
Qui que ce soit des deux , il doit se consoler
De la mort d'un tyran qui voulait l'immoler ;
Je ne sais quoi pourtant dans mon cœur en murmure,
HÉRAGLIUS.
Peut-être en vous par là s'explique la nature : Mais, prince, votre sort n'en sera pas moins doux; Si l'empire est à moi , Pulchérie est à vous. Puisque le père est mort, le fils est digne d'ell«\
( à Lèoutine. )
Terminez donc , madame, enfin notre querelle.
176 Hi:UACLIUS.
LÉONTINE
Mon témoignage seul peut-il en déiiiltj?
MARTI AN
Quelle autre sûreté pourrions-nous demandera
LÉOXTIXE.
Je vous puis être encor suspecte d'artifice. Non, ne m'en croyez pas, croyez Timpératrice.
( à Palchcrie, lui donnant un billet. )
Vous connaissez sa main, madame; et c'est à vous Que je remets le sort d'un frère et d'un époux. Voyez ce qu'en mourant me laisssa votre mère.
PULCHÉRIE
J'en baise en soupirant le sacré caractère.
LÉONTINE
Apprenez d'elle enfin quel sang vous a produits, Princes.
HÉRACLIUS, àEudoxe.
Qui que je sois , c'est à vous que je suis. BILLET DE CONSTANTINE
PULCHÉRIE lit.
« Parmi tant de malheurs mon bonheur est étrange « Après avoir donné son fils au lieu du mien , « Léontine , à mes yeux , par un second échange^ (( Donne encore à Phocas mon fils au lieu du sien.
c( Vous qui pourrez douter d'un si rare service, u Sachez qu'elle a deux fois trompé notre tyran : « Celui qu'on croit Léonce est le vrai Martian, (( Et le faux Martian est vrai fils de Maurice.