‹ Chefs-d'œuvre dramatiques. Avec les variantes du texte, les examens de pièces, et Les discours sur la poésie dramatiqueChapitre 11 sur 355 · LE COMTE , ELVIRE · texte numérisé non relu

LE COMTE , ELVIRE

ELVIRE

Entre tous ces amants dont la jeune ferveur Adore votre fille , et brigue ma faveur, Don Rodrigue et don Sanclie , à l'envi , font parestre Le beau feu qu'en leurs cœurs ses beautés ont fait naître. Ce n'est pas que Chimène écoute leurs soupirs, ' Ou d'un regard propice anime leurs désirs :

Au contraire , pour tous dedans l'indifférence , Elle n'ôte à pas un, ni donne d'espérance; Et , sans les voir d'un œil trop sévère ou trop doux , C'est de votre choix seul qu'elle attend son époux.

LE COMTE

Elle est dans le devoir

Et ma fille , en un mot , peut l'aimer et me plaire. Va l'en entretenir ; mais , dans cet entretien , Cache iiion sentiment . et découvre le sien.

EL VIRE

Tous mes sens à moi-même en sont encor charmés :

Il estime Rodrigue autant que vous l'aimez;

Et si je ne m'abuse à lire dans son ame.

Il vous commandera de répondre à sa flamme,

CHIMÈNE

Dis-moi donc , je te prie , une seconde fois

(Je qui te fait juger qu'il approuve mon choix;

Apprends-moi de nouveau quel espoir j'en dois prendr

Un si charmant discours ne se peut trop entendre ;

Tu ne peux trop promettre aux feux de notre amour

La douce liberté de se montrer au jour.

Que t'a-t-il répondu sur la secrète brigue

Que font auprès de toi don Sanche et don Rodrig-ue?

Je veux qu'à mon retour nous en parlions ensemblt> ;

I/heure à présent m'appelle au conseil qui •s'assemble.

Le roi doit à son fils choisir un gouverneur,

Ou pliitiit ni'éiever à ce titre d'honneur ;

Ce que pour lui mon bras cha(|ue jour exécute

Me défend de penser (Qu'aucun me le dispute.

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