ACTE III, SCÈNE VI. iv
Si leur haute vertu ne l'eût répudiée , Ma main bientôt sur eux m'eût vengé hautement De l'affront que m'eût fait ce mol consentement. Mais lorqu'en dépit d'eux on en a voulu d'autres. Je ne le cèle point, j'ai joint mes vœux aux vôtres. Si le ciel pitoyable eût écouté ma voix, Albe serait réduite à faire un autre choix ; ; Nous pourrions voir tantôt triompher les Horaces Sans voir leurs bras souillés du sang des Curiaces, Et de l'événement d'un combat plus humain Dépendrait maintenant l'honneur du nom romain : La prudence des dieux autrement en dispose ; Sur leur ordre éternel mon esprit se repose : Il s'arme en ce besoin de générosité.
Et du bonheur public fait sa félicité . Tâchez d'en faire autant pour soulager vos peines, j Et songez toutes deux que vous êtes Romaines : Vous l'êtes devenue, et vous l'êtes encor; ^s»— Un si glorieux titre est un digne trésor.
Un jour, un jour viendra que par toute la terre Rome se fera craindre à l'égal du tonnerre , Et que, tout l'univers tremblant dessous ses lois , Ce grand nom deviendra l'ambition des rois : Les dieux à notre ^Enée ont promis cette gloire.