ACTE IV, SCEiNE IV
Sont les devoirs d'un prince en cette conjoncture : Tout son peuple est blessé par un tel attentat , Et la seule pensée est un crime d'État , Une offense qu'on fait à toute sa province. Dont il faut qu'il la venge ^ ou cesse d'être prince.
LIVIE
Donnez moins de croyance à votre passion.
AUGUSTE
Ayez moins de faiblesse, ou moins d'ambition;
LlVIE.
Ne traitez plus si mal un conseil salutaire.
AUGUSTE
Le ciel m'inspirera ce qu'ici je dois faire. . Adieu : nous perdons temps.
LIVIE
Je ne vous quitte points Seigneur, que mon amour n'ait obtenu ce point.
C'est Tamour des grandeurs qui vous rend importune;
LIVIE
J'aime votre personne, et non votre fortune.
(Elle est seule.)
Il m'échappe; suivons, et forçons-le de voir ^ Qu'il peut, en faisant grâce, affermir son pouvoir. Et qu'enfin la clémence est la plus belle marque Qui fasse à l'univers connaître un vrai monarque^