EMILIE, FULVIE
EMILIE
D'où me vient cette joie , et que mal à propos Mon esprit malgré moi goûte un entier repos !
' V\R. Il tir».'chap[ic ; suivons, et le forçons tic voir.
276 CINNA
César mande Ciiiiia sans me donner d'alarmes ! [mes : Mon cœur est sans soupirs, mes yeux n'ont point de lar- Comme si j'apprenais d'un secret mouvement Que tout doit succéder à mon contentement ! Ai-je bien entendu? me Tas-tu dit, Fulvie?
fULVlE.
J'avais gagné sur lui qu'il aimerait la vie,
Et je vous l'amenais, plus traitable et plus doux,
Faire un second effort contre votre courroux * ;
Je m'en applaudissais , quand soudain Polyclète ,
Des volontés d'Auguste ordinaire interprète.
Est venu l'aborder et sans suite et sans bruit.
Et de sa part sur l'heure au palais l'a conduit.
Auguste est fort troublé , l'on ignore la cause ;
Chacun diversement soupçonne quelque chose ,
Tous présument qu'il ait un grand sujet d'ennui ,
Et qu'il mande Cinna pour prendre avis de lui.
Mais ce qui m'embarrasse, et que je viens d'apprendre -j
C'est que deux inconnus se sont saisis d'Évandre ,
Qu'Euphorbe est arrêté sans qu'on sache pourquoi .
Que même de son maître on dit je ne sais quoi :
On lui veut imputer un désespoir funeste;
On parle d'eaux, de Tibre, et l'on se tait du reste.
EMILIE
Que de sujets de craindre et de désespérer,
Sans que mon triste cœur en daigne murmurer !
A chaque occasion le ciel y fait descendre
Un sentiment contraire à celui qu'il doit prendre :
Une vaine frayeur tantôt m'a pu troubler ^ ;
Et je suis insensible alors qu'il faut trembler.
' Vah. l'aiic- an second efforl contre un si grand courroux ;
J'en rendais grâce aux dieux, quand soudain Polycllc 2 V\R. Mais ce qui plus métonnc, et que je viens dappivinln'. ' Vvu. l'no vaine fnypur m"a pu fanlut troublt-r.