PAU UN K
Je l'ai vu cette nuit , ce malheureux Sévère, La vengeance à la main , Toeil ardent de colère : Il n'était point couvert de ces tristes lambeaux Qu'une ombre désolée emporte des tombeaux; Il n'était point percé de ces coups pleins de gloire Qui, retranchant sa vie, assurent sa mémoire ; Il semblait triomphant, et tel que sur son char Victorieux dans Rome entre notre César.
Après un peu d'effroi que m'a donné sa vue, M î*orte à qui tu voudras la faveur qui m'est due , « Ingrate , m'a-t-il dit ; et, ce jour expiré , « Pleure à loisir l'époux que tu m'as préféré. » A ces mots j'ai frémi, mon i\me s'est troublée : Ensuite des chrétien'^ une impie assemblée , Pour avancer l'effet de ce discours fatal , A jeté Polyeucte aux pieds de son rival. Soudain à son secours j'ai réclamé mon père : Hélas! c'est de tout point ce qui me désespère . J'ai vu mon père même , un poignard à la main , Entrer le bras levé pour lui percer le sein : Là , ma douleur trop forte a brouillé ces images ; Le sang "de Polyeucte a satisfait leurs rages. Je ne sais ni comment ni quand ils l'ont tué, Mais je sais qu'à sa mort tous ont contribu<'. Voilà quel est mon songe,
STRATONICK.
Il est vrai (ju'il est triste; Mais il faut que votre àme à ces frayeurs résiste : La vision , de soi , peut faire (juelque horreur. Mais non pas vous donner une juste terreur. | père
Pouvez-vous craindre un mort, pouvez-vousci'aindi*' un Qui chérit votre époux, (|ue votre éj)Oux révèn^ ,