‹ Chefs-d'œuvre dramatiques. Avec les variantes du texte, les examens de pièces, et Les discours sur la poésie dramatiqueChapitre 191 sur 355 · ACTE I, SCENK I II · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENK I II

PAULINE

Dis plutôt d'une indigne et folle résistance. Quelque fruit qu'une fille en puisse recueillir, Ce n'est une vertu que pour qui veut faillir.

Parmi ce grand amour que j'avais pour Sévère , .r attendais un époux de la main de mon père; Toujours prête à le prendre ; et jamais ma raison N'avoua de mes yeux l'aimable trahison : Il possédait mon cœur, mes désirs, ma pensée; Je ne lui cachais point combien j'étais blessée; Nous soupirions ensemble, et pleurions nos malheurs; Mais au lieu d'espérance il n'avait que des pleurs; Et , malgré des soupirs si doux , si favorables , Mon père et mon devoir étaient inexorables. Enfin je quittai Rome et ce parfait amant, Pour suivre ici mon père en son gouvernement; Et lui, désespéré, s'en alla dans l'armée Chercher d'un beau trépas l'illustre renommée. Le reste , tu le sais. Mon abord en ces lieux Me fit voir Polyeucte , cl je plus à ses yeux; Et comme il est ici le chef de la noblesse , Mon père fut ravi qu'il me prit pour maîtresse. Et par son alliance il se crut assuré D'être plus redoutable et plus considéré ; Il approuva sa flamme, et conclut l'hpnénée : Et moi , comme à son lit je pie vis destinée. Je donnai par devoir à son affection Tout ce que l'autre avait par inclination. Si tu peux en douter, juge-le par la crainte Dont en ce triste jour tu me vois l'àme atteinte.

STRATOMCE.

Elle fait assez voir à quel point vous l'aimez '.

I Var. Je vois que vous l'aimez autant qu'on peut l'aimer ; Mais quel songe, après tout , tient vos sens alarmés?

VIO polyeicte:

Mais quel songe , après tout, tient vos sens alarme^ ?

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