‹ Chefs-d'œuvre dramatiques. Avec les variantes du texte, les examens de pièces, et Les discours sur la poésie dramatiqueChapitre 219 sur 355 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

POLYEUCTE

( Les gardes se retirent aux coins du théâtre. )

Source délicieuse , en misères féconde , Que voulez-vous de moi, flatteuses voluptés? Heureux attachements de la chair et du monde , Que ne me quittez-vous, quand je vous ai quittés? Allez, honneurs, plaisirs, qui me livrez la guerre :

Toute votre félicité ,

Sujette à rinstahililt' ,

En moins de rien tondje par (erre;

Et comme elle a V éclat du verre ,

Elle en a la fragilité.

Ainsi n'espérez pas qu'après vous je soupire. Vous étalez en vain vos charmes impuissants ; Vous me montrez en vain par tout ce vaste empire

V\H. l»iiis(|iir ("tsl pour Scv.ir , ii tout je ino disprusc. l'oL^i I (VU..

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ACTK !V, SCÈNK II 3GI

Les ennemis de Dieu pompeux et florissants. 11 étale à son tour des revei's équitables

Par qui les grands sont confondus ;

Et les glaives qu'il tient pendus

Sur les plus fortunés coupables \

Sont d'autant plus inévitables ,

Que leurs coups sont moins attendus.

Tigre altéré de sang. Décie impitoyable % Ce Dieu t'a trop longtemps abandonné les siens : De ton heureux destin vois la suite effroyable ; Le Scythe va venger la Perse et les chrétiens. Encore un peu plus outre , et ton heure est venue ;

Rien ne t'en saurait garantir ;

Et la foudre qui va partir.

Toute prête à crever la nue.

Ne peut plus être retenue

Par l'attente du repentir.

Que cependant Félix m'immole à ta colère; Qu'un rival plus puissant éblouisse ses yeux ^; Qu'aux dépens de ma vie il s'en fasse beau-père, Et qu'à titre d'esclave il commande en ces lieux : Je consens, ou plutôt j'aspire à ma ruine.

Monde, pour moi tu n'as plus rien * :

Je porte en un cœur tout chrétien

Une flamme toute divine ;

Et je ne regarde Pauline

Que comme un obstacle à mon bien.

Saintes douceurs du ciel, adorables idées,

' Var. Dessus ces illustres coupables.

^ Var. Tigre affamé de sang, Décie impitoyable.

^ Var. Qu'un i val plus puissant lui donne dans les yeux.^

*• Var.. Vains appas , vous ne m'êtes rieiu

302 POLYELCÏE.

Vous remplissez uu cœur qui vous peut recevoir : De vos sacrés attraits les âmes possédées Ne conçoivent plus rien qui les puisse émouvoir. Vous promettez beaucoup, et donnez davantage :

Vos biens ne sont point inconstants ;

Et riiem^eux trépas que j'attends

Ne vous sert que d'un doux passage

Pour nous introduire a\i partage

Qui nous rend à jamais contents.

C'est vous, ô feu divin que rien ne peut éteiudj'e. Uni m'allez faire voir PauUne sans la craindre.

Je la vois: mais mon cœur^ d'un saint zèle entlammc, N'en g-oûte plus l'appas dont il était charmé; Et mes yeux, éclairés des célestes lumières. Ne trouvent plus aux siens leurs grâces coutumières.

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