‹ Chefs-d'œuvre dramatiques. Avec les variantes du texte, les examens de pièces, et Les discours sur la poésie dramatiqueChapitre 24 sur 355 · SCENE I · texte numérisé non relu

SCENE I

D. ARIAS, LE GOiMTE.

LE COMTE

Je l'avoue entre nous, mon sang un peu trop chaud* S'est trop ému d'un mot, et l'a porté trop haut \ Mais, puisque c'en est fait, le coup est sans remède.

D. ARIAS

Qu'aux volontés du roi ce grand courage cède : Il y prend grande part; et son cœur irrité Agira contre vous de pleine autorité .

Aussi vous n'avez point de valable défense. Le rang de l'offensé, la grandeur de l'offense, Demandent des devoirs et des soumissions Qui passent le commun des satisfactions.

LE COMTE

Le roi peut à son gré disposer de ma vie ^

D. ARIAS

De trop d'emportement votre faute est suivie. Le roi vous aime encore; apaisez son courroux. Il a dit, JE LE VEUX : désobéirez-vous?

Var. Je l'avoue , entre nous , quand je lui fis l'affront ,

J'eus le sang un peu chaud , et le bras un peu prompt. iMiT. Confieso que fué locura ,

Mas no la quiero enmendar.

Var. guil prenne donc ma vie ; elle est en sa puissance.

n. ABIAS.

Un peu moins de transport et plus d'obéissance. D'un prince qui vous aime apaisez le courroux.

LE COMTE

Monsieur, pour conserver tout ce que j'ai d'estime*. Désobéir un peu n'est pas un si grand crime ; Et, quelque grand qu'il soit, mes services présents^ Pour le faire abolir sont plus que suffisants ^

D. ARIAS

Quoi qu'on fasse d'illustre et de considérable. Jamais à son sujet un roi n'est redevable. Vous vous flattez beaucoup, et vous devez savoir Que qui sert bien son roi ne fait que son devoir. Vous vous perdrez, monsieur, sur cette confiance \

LE COMTE

Je ne vous en croirai qu'après l'expérience.

D. AllIAS.

Vous devez redouter la puissance d'un roi.

LE COMTE

Un jour seul ne perd pas un homme tel que moi \ Que toute sa grandeur s'arme pour mon supplice. Tout l'État périra, s'il faut que je périsse ^

D. ARIAS

Quoi! vous craignez si peu le pouvoir souverain...

' \\i\. Monsieur, pour conserver ma gloire et mon estime. ^ Vah. Et , quelque grand qu'il fût, mes services présents. ^ Dans les (-dilions de 1639 et de 1644 , on lit ici :

Los satisfactions ifapaiscnt point une ânir :

Qui les reçoit a tort . (|ui les fait se diffame ;

Et de pareils accords l'effet le plus commun

Est de déshonorer deux hommes au li(Mi dun.

^ hiiT. \ con clla lias de qucrcr

l'crdcrtel '' iMiT. Los houibres como yo

Tienen inuclio (pie perder.

f' V\ii. Tout iKlal priira , plulôl qw ]r |hi i-.sc. l\m lia de |H'iderso Castilla

Alllf^ (|i|.' \o.

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