‹ Chefs-d'œuvre dramatiques. Avec les variantes du texte, les examens de pièces, et Les discours sur la poésie dramatiqueChapitre 23 sur 355 · ACTE I, SCÈNE VI · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE VI

L'un m'anime le cœur, l'autre retient mon Ijras^ Réduit au triste choix ou de trahir ma flamme , Ou de vivre en infâme , Des deux côtés mon mal est infini.

0 Dieu, l'étrange peine î Faut-il laisser un affront impuni?

Faut-il punir le père de Chimène ^?

Père, maîtresse, honneur, amour.

Noble et dure contrainte , aimable tyrannie ^ , Tous mes plaisirs sont morts, ou ma gloire ternie. L'un me rend malheureux, l'autre indigne du jour. Cher et cruel espoir d'une âme généreuse, Mais ensemble amoureuse , Digne ennemi de mon plus grand bonheur \

Fer qui causes ma peine , M'es-tu donné pour venger mon honneur , M'es-tu donné pour perdre ma Ghimène?

Il vaut mieux courir au trépas.

Je dois à ma maîtresse aussi bien qu'à mon père; J'attire en me vengeant sa haine et sa colère ^ J'attire ses mépris en ne me vengeant pas.

' Var. L'un échauffe mon cœur, l'aulre anime mon bras. ^ Imit. Yo he de matar al padre de Ximenaî

^ Vah. Illustre tyrannie , adorable contrainte,

Par qui de ma raison la lumière est (^teinte A mon aveuglement rendez un peu de jour. * Var. Noble ennemi de mon plus grand bonheur

Qui fais toute ma iieine.

^ Vak. Qui venge cet affront irrite sa colère , Et qui peut le souffrir ne le mérite pas. Prévenons la douleur d'avoir failli contre elle ,

Qui nous serait mortelle :

Tout m'est fatal , rien ne me peut guérir , Ni soulager ma peine.

A mon plus doux espoir Fun me rend infidèle , Et l'autre indigne d'elle.

Mon mal augmente à le vouloir guérir ;

Tout redouble ma peine.

Allons, mon âme; et puisqu'il faut mourir, Mourons du moins sans offenser Chimène.

Mourir sans tirer ma raison î Rechercher un trépas si mortel à ma gloire Endurer que l'Espagne impute à ma mémoire D'avoir mal soutenu l'honneur de ma maison! Respecter un amour dont mon àme égarée Voit la perte assurée !

N'écoutons plus ce penser suborneur,

Qui ne sert qu'à ma peine.

Allons, mon bras, sauvons du moins l'honneur, Puisque après tout il faut perdre Chimène.

Oui, mon esprit s'était déçu.

Je dois tout à mon père avant qu'à ma maîtresse * Que je meure au combat, ou meure de tristesse, Je rendrai mon sang pur comme je l'ai reçu. Je m'accuse déjà de trop de négligence. Courons à la vengeance ; Et, tout honteux d'avoir tant balancé,

Ne soyons plus en peine - (Puisque aujourd'hui mon père est l'offensé). Si l'offenseur est père de Chimène.

I Vais. Dois-jc pas à mon pùrc autant (ju'à ma maîtresse?

* Imit. Ilabicndo sido

Mi padn; «'I ofondido, ViH'it inipoila (|no fuose Kl ofctisMi tl padir dt' Xiincna.

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