SCÈNE II
GLÉOPATRE, ACHORÉE, CHARMION.
CtÉOPATRE.
En est-ce déjà fait, et nos bords malheureux
Me seraient de son cœur de précieux otages.
Ici on lit, dans les éditions de 16U-48^ ces quatre vers que CX)rncille a supprimés :
Et si jamais le ciel favorisait ma couche De quelque rejeton de cette illustre souche , Cette heureuse union de mon sang et du sien Unirait à janiais son destin et le mien.
S(»nl-ils déjà souillôs cruu sang si généreux?
ACHORÉE
Madame . j ai eouru par votre ordre au rivage; J*ai vu la trahison , j^ai vu toute sa rage , f>u plus grand des mortels j'ai vu trancher le sort : 4'ai vu dans son malheur la glaire de sa mort ; Et puisque vaus voulez uuici je vous raconte La gloire dune mort qui nous couvre de hante . Écoutez, admirez, et plaignez son trépas.
Ses trois vaisseaux en rade avaient mis voiles bas Et , voyant dans le port préparer nos galères , tl croyait que le roi , touché de ses misères, Par un beau sentiment dhonneur et de devoir. Avec toute sa cour le venait recevoir ; Mais voyant que ce prince , ingrat à ses mérites ' , N'envoyait qu'un esquif reinpli de satellites , Il soupçonne aussitôt son manquement de foi , Et se laisse surprendre à quelque peu d'effroi ; Enfin , voyant nos bords et notre flotte en armes , Il condamne en son cœur ces indignes alarmes. Et r«''duit t(xis let> soins d'iin si pressant ennui A ne hasarder pas Cornélie avec lui .
'" N'exposons, lui dit-il, que cette seule tètc- •« A la réception que l'Egypte m'apprête ; « Et tandis que moi seul j'en courrai le danger, « Songe à prendre la fuite afin de me venger. ' Le roi Jul)a nous garde une foi plus sincère ; « Cbez bii tu trouveras et mes fils, et ton père ; " Mais quand lu les verrais descendre chez Pliiloii,
' hm C)iii|»[)(' IhIos >i pura foict, etc.
N l'iiliiiiim l«»la IMirtiimii ( uni <lasM- l>raniiuin
Imii l.on^i.Mjur a littorc casiis
lApcctatf irn*o«< , cl in liar cciNicc l\ranni I'.\|»Imi;«|<' (i<|('m.