ACTE 11, S(:Ei^E
« Ne désespère point, du vivant de Caton. »
Tandis que leur amour en cet adieu conteste ^ ,
Achillas à son bord joint son esquif funeste.
Septime se présente , et, lui tendant la main - ,
Le salue empereur en langage romain ;
Et comme député de ce jeune monarque ,
c( Passez , seigneur, dit-il, passez dans cette harque;
« Les sables et les bancs cachés dessous les eaux
« Rendent l'accès mal sûr à de plus grands vaisseaux. »
Ce héros voit la fourbe , et s'en moque dans Fàme : 11 reçoit les adieux des siens et de sa femme. Leur défend de le suivre, et s'avance au trépas Avec le même front qu'il donnait les Etats ; La même majesté sur son visage empreinte Entre ces assassins montre un esprit sans crainte : Sa vertu tout entière à la mort le conduit : Son affranchi Philippe est le seul qui le suit ; C'est de lui que j'ai su ce que je viens de dire : Mes yeux ont vu le reste , et mon cœur en soupire , Et croit que César même à de si grands malheurs Ne pourra refuser des soupirs et des pleurs.
CLÉOPATRE
N'épargnez pas les miens ; achevez , Achorée , L'histoire d'une mort que j'ai déjà pleurée.
ACHORÉE
On l'amène ; et du port nous le voyons venir. Sans que pas un d'entre eux daigne l'entretenir. Ce mépris lui fait voir ce qu'il en doit attendre. Sitôt qu'on a pris terre, on l'invite à descendre ^ *
' Vau. 11 dit , et cependant que leur amour conteste. ' Imit. Romanus Pharia miles de puppe salutat
Septimius.
Vau. Enfin l'esquif aborde , on linvite à descendre : ,
il se lève ; et soudain , [»ar dcrrirrc , Achillas ,
Comme pjur commencer, tirant son coutelas.
■i'24 POMPEE.
Il se lève ; et soudain pour signal Achillas , Derrière ce héros , tirant son coutelas , Septinie et trois des siens, lâches enfants de Rome, Percent à coups pressés les flancs de ce grand hoinme Tandis qu' Achillas môme , épouvanté d'horreur, De ces quatre enragés admire la fureur.
Vous qui livrez la terre aux discordes civiles , Si vous vengez sa mort, dieux, épargnez nos villes ! .N'imputez rien aux lieux, reconnaissez les mains ; Le crime de l'Egypte est fait par des Romains. Mais que fait et que dit ce généreux courage?
ACHORÉE
D'un des pans de sa robe il couvre son visage * ,
\ son mauvais destin en aveugle obéit ,
Et dédaigne de voir le ciel qui le trahit.
De peur que d'un coup d'oeil contre une telle offense-
Il ne semble implorer son aide ou sa vengeance.
Aucun gémissement à son cœur échappé ^
Ne le montre, en mourant, digne d'être frappé :
Immobile à leurs coups, en lui-même il rappelk'
(Je qu'eut de beau sa vie, et ce qu'on dira d'elle.
Et tient la trahison que le roi leur prescrit
Trop au-dessous de lui pour y prêter l'esprit.
Sa vertu dans leur crime augmente ainsi son lustre ;
Et son dernier soupir est un soupir illustre '\
Uui, de cette grande âme achevant les destins ,
Étale tout Pompée aux yeux des assassins.
' Tmit. Involvit vultiis, atijiie in<lignatus apfM-tinn , l'oilunie pia.'bcre caput, tune luinina i)rossi(.
' V\R. De peur rpiil \\o sctiiltl.it contre une telle offense Implorer ilun coup d'œil non aide et sa \ engeance.
' Imii ^llllo ;irmitii conH'nsil ;ul ictuni.
'' bin. Se«pi(.' prolmt moiicns.